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Championnats du monde de Basketball 2014 : La France bat l’Espagne en quarts.

C’est un moment d’anthologie. Personne n’y croyait. Personne ne s’y attendait. Et pourtant, ils l’ont fait. Les Bleus ont réalisé un exploit historique : ils se sont imposés face aux Espagnols, chez eux (65-52), en quart de finale du Mondial. L’Espagne, grande favorite, avait pourtant déjà battu la France pendant les matchs de poule. Mais la Roja était bien pâle hier soir…

Mercredi 10 septembre 2014, 22h00 heure espagnole, début du quart de finale Espagne-France. Les Bleus n’étaient certainement pas favoris devant une équipe qui les a souvent battu, portée ce soir-là par tout un pays. La réputation de cette génération dorée du Basketball espagnol, qui compte aujourd’hui probablement la meilleure équipe de son histoire, n’est plus à refaire. Jusqu’à présent, les Espagnols s’étaient imposés 54 fois en 56 matchs disputés à domicile. Ils n’en avaient perdu que deux, contre les Etats-Unis, maîtres de la discipline. Personne d’autre n’était en mesure de venir perturber ces deux titans. Aujourd’hui, on pourra rectifier la statistique et affirmer que deux nations ont réussi à battre l’Espagne chez elle : les USA … et la France ! Pensant que ce match serait une formalité, la Roja se voyait déjà en finale, peut être même un peu trop. Les Français n’avaient finalement rien à perdre, et ils ont tenté le tout pour le tout. Ils en voulaient, et cela n’a échappé à personne. Ils ont alors signé probablement le meilleur match de l’Equipe de France à ce jour, un match qui restera ancré dans les annales du Basketball français. Et le rêve des Espagnols s’est transformé en cauchemar, mettant à mal l’orgueil de toute une nation.

La déception espagnole était incommensurable. La une de Marca est on ne peut plus explicite : « Bajoncesto » (basket blues en espagnol), titrant une photo d’un Pau Gasol inconsolable. « La France guillotine le rêve espagnol dans la nuit la plus sombre de la NBA », concluait le quotidien espagnol hier soir. Ce matin, il ajoute : « La conquête du titre de champion du monde ne se fait pas non plus dans la facilité, contrairement à ce que beaucoup pensaient ». Les Espagnols demeurent cependant honnêtes, et soulignent la défense agressive et efficace de la France, qui a mis à mal une attaque espagnole à deux vitesses. Une première dans ce Mondial. En effet, l’Espagne a été intraitable en attaque depuis le début du tournoi, offrant un festival offensif, emmené par des contres incisifs, avec une moyenne de 88 points par match. Mais ce quart de finale a changé la donne, révélant une Roja trébuchante face à une défense tricolore solide. Les Espagnols n’auront marqué que 52 points dans ce match, dont un seul panier marqué en contre-attaque. La performance parle d’elle-même. Mais dans la presse espagnole, on retient davantage « le pire match de la compétition », un « Mondial raté » pour l’équipe d’Espagne, et même « l’un des plus grands échecs de l’histoire du basket espagnol » selon le quotidien barcelonais La Vanguardia, plutôt que la belle victoire des Bleus, que l’on n’admet qu’à demi mots.

L’équipe d’Espagne était certes en demi teinte, voire méconnaissable. Mais c’était dû avant tout à la performance mémorable de l’Équipe de France, qui a réalisé ce soir-là l’un des meilleurs matchs de son histoire. Les Bleus étaient meilleurs en tous points de vues, quoique l’on puisse dire. Ils étaient supérieurs dans la gestion de leur jeu, dans leur stratégie collective, en défense. Bref, ils étaient partout, décisifs, dominants. Et les Espagnols, moins tranchants et moins intenses que d’habitude, n’ont pas su trouver la solution face à des Bleus étincelants, emmenés par Boris Diaw et Thomas Heurtel qui ont scellé le sort de la Roja. Simple, sans fioriture, efficace, la tactique bleue a déroulé, dès le départ. C’est la France qui a pris la tête dès l’entame du match. Les Espagnols étaient d’abord en mesure de revenir. Mais lors du dernier quart-temps, les Tricolores ont creusé l’écart, devant des Espagnols incapables de réagir. La clé du match aura été la défense, rondement ficelée par l’Équipe de France. 65-52. Fin du match. Les hommes de Vincent Collet, pourtant privés de Tony Parker et de Joakim Noah notamment, s’imposent face aux stars de la Roja, à l’instar des frères Gasol et de Ricky Rubio.

Mais les Bleus restent lucides, à l’instar de Nicolas Batum qui a déclaré, au micro de Canal Plus Sport : « On a gagné un match important contre une équipe qui nous a posé beaucoup de problèmes ces dernières années, la roue tourne et l’équipe de France devient de plus en plus une référence du basket mondial. Il reste encore deux matches à jouer. Maintenant il ne faut pas s’enflammer, c’était juste un quart de finale. On a un match extraordinaire en demi à jouer contre les Serbes et on veut arracher une médaille dans un Mondial.» Rendez-vous donc vendredi pour une demi-finale face à la Serbie pleine de promesses. Les Bleus pourront peut être toucher les étoiles, et on y croit !

Myriam Saqalli

2 Comments

  1. chokri hariga

    Bravo Madame Myriam Saqalli, votre article est très objectif et bien argumenté, écrit dans un français limpide et sans utiliser de mots superflus. Je suis impatient de vous lire prochainement sur ce site commentant les demi-finales et finale. Un salut respectueux de la Tunisie.

    • Aujourd'hui la Turquie

      Merci beaucoup !

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