Société, Sport

Coupe du monde sur fond d’ « en-jeux » sociaux

Grève du métro de São Paulo, heurts entre policiers et trafiquants de drogue dans une favéla à Rio de Janeiro, manifestations prévues pendant le Mondial, réclamations de meilleurs salaires et conditions de travail… À cinq jours du lancement de la Coupe du Monde au Brésil, les tensions n’ont jamais été aussi présentes dans le pays.

bresil Mercredi 4 juin, les 9 700 employés du métro de São Paulo, ville qui accueillera six des 64 rencontres du mondial entre le 12 juin et le 13 juillet, ont décidé d’entamer une grève illimitée à partir de minuit. Au même moment, la police fédérale de Brasilia a annoncé avoir accepté un accord avec le gouvernement par lequel elle s’engage à ne pas faire grève pendant le Mondial, en échange d’une augmentation de salaire de 15,8 %. Les policiers ont également obtenu une « amnistie » pour leur grève de 2012, qui avait entraîné pendant 11 jours des agressions, pillages et vandalisme à Salvador de Bahia. La veille, ce sont les professeurs des écoles municipales de São Paulo qui ont mis fin à 42 jours de grève. Selon les syndicats, la mairie a accepté une augmentation de 15,38 % des salaires, payable en trois fois à partir de mai 2015. À Rio de Janeiro, le gouvernement a promis un réajustement des salaires des professeurs d’État, en grève depuis le 12 mai.

Une mobilisation virale a également été mise en place comme en témoigne la vidéo de Carla, une jeune femme brésilienne vivants aux États-Unis. Elle l’a réalisée dans le but de raconter pourquoi elle n’irait pas à la Coupe du Monde et les conséquences que celle-ci a sur son pays.

Les sondages d’opinion réalisés témoignent également du « raz le bol » ambiant. La tendance s’est nettement inversée depuis le début des travaux, nécessaires afin d’accueillir le mondial 2014 : la majorité des brésiliens ne sont plus satisfaits de leur pays et notamment de l’économie de celui-ci qui est, pour certains, gérée au détriment des minorités et classes moyennes.

7354676Tous ces événements ne sont pas sans rappeler la révolte sociale de juin 2013 contre les sommes massives dépensées en vue de la Coupe du Monde. De nombreuses grèves et manifestations durement réprimées par la police militaire avaient eu lieu pour réclamer des investissements dans les transports, l’éducation et la santé.

En espérant que le gouvernement saura apaiser toutes ces tensions avant que le pays n’implose et que cela n’affecte réellement ce grand événement mondial qu’est la Coupe du Monde.

Anaïs Sarrassat

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