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Crash de l’Airbus A321-200 dans la région du Sinaï : attentat terroriste ou problème technique ?

Cinq jours après le crash de l’avion de la compagnie russe Metrojet dans la région égyptienne du Sinaï, l’émotion est toujours importante. L’organisation Etat islamique a revendiqué la responsabilité du crash, mais peu de preuves ont été fournies. Les spécialistes semblent divisé, entre l’hypothèse de l’attentat terroriste et celle d’un problème technique.

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Samedi 31 octobre, un Airbus A321-200 de la compagnie aérienne russe Metrojet s’est écrasé dans le Sinaï égyptien. Le vol 9268 était à destination de Saint-Pétersbourg. L’avion avait décollé de la station balnéaire Charm El-Cheikh, avec à son bord 224 passagers. Seulement 23 minutes après le décollage, à 6h20 heure du Caire, l’engin a perdu le contact radar et volait à 30 000 pieds. Tous les passagers du vol sont morts. Le gouvernement égyptien a annoncé que 214 personnes étaient d’origine russe et trois d’origine ukrainienne.

Les enquêteurs russes et égyptiens ont retrouvé les boîtes noires, seules capables d’éclaircir la situation. Leur analyse devrait prendre plusieurs jours.  En attendant, plusieurs questions flottent au-dessus de la catastrophe. Par précaution, Air France a mis en place un « dispositif d’évitement de survol de la zone du Sinaï ».

Deux jours après le crash, le responsable de Metrojet a écarté l’hypothèse de la défaillance technique ou d’une erreur humaine.

Attentat terroriste ou problème technique ?

L’avion s’est écrasé au milieu de la province du Nord-Sinaï. Des débris ont été retrouvés à 70 km au Sud de la ville d’El Arish, bastion de la branche égyptienne de l’Etat islamique (EI). Alors que de nombreux spécialistes excluaient la possibilité que l’organisation terroriste soit capable de disposer des moyens militaires susceptibles d’abattre un avion de ligne à  9 000 mètres d’altitude, un message de l’EI atteste le contraire.

En effet, peu de temps après le crash, sur sa chaîne d’information, Khilafah Infos, l’organisation affirme que « sept soldats du califat ont réussi à provoquer le crash d’un avion russe en Egypte, dans la région du Sinaï. 227 passagers et sept membres d’équipages sont morts. Sachez ô vous les Russes, qu’il n y a pas de place pour vous dans les pays des musulmans, ni à terre ni dans le ciel. On vous tuera comme vous nous tuez. Qu’Allah vous anéantisse »

Dans ce message d’une immense violence, l’Etat islamique avoue avoir agi en représailles de l’intervention russe en Syrie aux cotés de Bachar Al Assad. L’organisation a annoncé détenir d’autres preuves de sa responsabilité dans le crash. Aucun élément sur le mode opératoire et le type d’armement n’a été donné. Les spécialistes semblent divisés quant à la plausibilité de cette revendication par l’EI. Maxime Sokolov, ministre russe des Transports, affirme que « cette revendication ne peut être considérée comme exacte ».

Selon Charles Lister, expert en mouvements djihadistes, le missile anti-aérien le plus puissant disposé par l’EI est un Manpads (Man-portable air-defense systems) iqla SA-18 dont la portée maximale est de 10 000 pieds, or l’avion se trouvait à 30 000 pieds lorsque le contact radar a été perdu.

Le Premier ministre égyptien Chérif Ismail affirmait samedi que le contact était continu avant l’accident entre le pilote et la tour de contrôle. Le pilote n’a à aucun moment demandé de l’aide ou signalé une urgence. Toutefois, des responsables de l’aviation civile égyptienne ont annoncé que le pilote avait constaté un problème technique. En effet, il se serait plaint d’une défaillance des équipements de communication et aurait demandé à se poser dans l’aéroport le plus proche.

Lundi, Vladimir Poutine est sorti du silence. Sans donner d’explications concernant le crash, il évoque une « immense tragédie » et appel à la solidarité du peuple russe. Il poursuit : « Dans de telles heures, il est très important de sentir l’épaule d’un proche, l’empathie de tout le pays au sujet de cette terrible catastrophe […]. Tout doit être fait pour élucider ce qui s’est passé, et pour que l’on réagisse de manière appropriée. »

Kheira Djouhri

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