International, Politique

« Créer un nouvel environnement de confiance »

Ouverture aujourd’hui à Paris d’une conférence internationale destinée à relancer le processus de paix israélo-palestinien, mais pas seulement.

dome du rocher

Alors que le conflit syrien se poursuit, Paris accueille à partir du 3 juin une conférence destinée à renforcer la mobilisation internationale dans le but de relancer un processus de paix israélo-palestinien au point mort.

Pour les autorités françaises, il s’agit de ne négliger aucune approche susceptible d’accroître la stabilité dans la région : alors que la recherche d’une solution diplomatique à la guerre en Syrie obnubile l’attention des acteurs internationaux, la question du règlement du conflit israélo-palestinien est relativement reléguée au second plan. Or, selon le président François Hollande, c’est justement cette situation de pourrissement qui alimente l’extrémisme et le terrorisme en Syrie, en Irak, en Libye ou ailleurs : la relance du processus de paix en Israël-Palestine aurait des effets bénéfiques pour l’ensemble du Proche-Orient. Cette conception systémique de la résolution des problèmes internationaux est d’ailleurs une caractéristique générale de la diplomatie française.

Cependant, alors que la France est souvent moquée pour son ambition à exercer une influence diplomatique réputée disproportionnée en regard notamment de sa puissance économique et démographique, quelle peut être l’efficacité de la conférence de vendredi qui se tiendra en l’absence des Israéliens (hostiles à toute approche multilatérale du dossier) et des Palestiniens ?

Pour le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, il s’agit notamment de « créer un nouvel environnement de confiance » entre les différents acteurs internationaux qui participeront à la conférence, parmi lesquels on compte la plupart des pays européens, certains pays arabes comme l’Egypte ou le Maroc, mais aussi les membres non-européens du Conseil de sécurité soit la Russie, la Chine et les États-Unis. L’ouverture d’un nouveau dossier dans la coopération internationale permettrait alors de faire un pas de côté, en sortant du cadre crispé des grands conflits comme l’Ukraine et la Syrie où ces acteurs ont eu tendance à se figer dans une des oppositions systématiques, afin de relancer une attitude de coopération. Rappelons que la France soutient, dans la cadre du conflit israélo-palestinien, la solution des deux Etats.

Difficile donc, d’estimer les motivations des autorités françaises dans la création de ce nouveau format : volonté de Paris de continuer à peser à tout prix dans les relations internationales (François Hollande a d’ailleurs tenté de dissiper les soupçons en affirmant « La France ne cherche rien pour elle-même dans ce dossier, simplement favoriser la paix. »), volonté de renouer un dialogue apaisé avec des partenaires clefs sur d’autres dossiers, ou espoir sincère de relancer le processus de paix ? La réponse, comme la question, est sans doute multiple.

 Jaufré Béziade-Queille

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