Environnement, Société

Cruauté dans un abattoir du Pays basque : nouveau scandale, vieille habitude

Un nouveau scandale vient frapper le milieu des abattoirs. Hier Le Monde a dévoilé une vidéo choc tournée dans l’abattoir intercommunal de Soule, petite ville dans les Pyrénées-Atlantiques. Les images témoignent de la violence et de la cruauté avec lesquelles les employés traitent les animaux. Pourtant, cette entreprise de découpe de viande met en avant le bio et le Label rouge.

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Cinq mois après les images choquantes de l’abattoir municipal d’Alès et un mois après les actes de cruauté tournés dans un établissement du Vigan, le nouveau scandale en la matière vient de l’abattoir intercommunale de Soule, dans le Pays basque. Dans une vidéo diffusée hier par Le Monde, on aperçoit des scènes témoignant d’actes de violence insensés dans un abattoir revendiquant pourtant le bio et le Label rouge. Filmée en caméra caché, la vidéo met donc au jour la maltraitance des animaux ainsi que de pratiques d’abatage illégales. L’association L214, qui lutte conte toute exploitation animale, a révélé le scandale. Hier, L214 a déposé une plainte contre l’entreprise de découpe viande et a mis en ligne une pétition pour demander une « transparence effective des abattoirs ».

L’abattoir a été fermé et le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a ordonné aux préfets de procéder à des « inspections spécifiques sur la protection animale dans l’ensemble des abattoirs » en France.

Gentil chef, méchant employés ?

Directeur de l’abattoir depuis quarante ans, Gérard Clémente s’est dit « effondré » après avoir visionné la vidéo tournée dans son abattoir. Il semble même écarter toute responsabilité puisqu’il déclare avoir « essayé d’améliorer les conditions d’abattage depuis des années, et là, on tourne le dos, et des employés frappent les bêtes. » La faute serrait alors à chercher uniquement du coté des employés ? Certainement pas ! Le problème semble plutôt provenir de défauts systémiques et sociétaux.

Les conséquences de la surconsommation   

Effectivement, ce nouveau scandale à lieu dans le contexte des fêtes de Pâques et ce n’est pas anodin. En effet, l’entreprise basque devait tuer 15 000 agneaux en quinze jours pour la sainte semaine de Pâques. Ce type de rythme de travaille abusif ne permet pas d’avoir des méthodes de travaille correctes, plus saines pour les employés ainsi que pour les bêtes.

Au cours des 40 dernières années, la consommation de viande à travers le monde a triplé. Ceci a des conséquences environnementales, sociétales et sanitaires de grande ampleur. Pour produire 1kg de viande de bœuf, par exemple, 15500 litres d’eau sont nécessaires. Pour 1kg de pommes de terre, au contraire, il faut seulement 900 litres d’eau. Ce simple chiffre devrait nous inciter à une réflexion concernant notre consommation de viande.

Raphaël Schmeller

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