Politique

Cumhuriyet dévoile la vidéo d’une livraison d’armes de la Turquie aux rebelles syriens

erdogan

Vendredi dernier, le quotidien Cumhuriyet a dévoilé une vidéo et des photos qui semblent apporter la preuve du soutien logistique d’Ankara aux rebelles syriens. Des accusations que le gouvernement s’obstine à démentir.

Le vendredi 29 mai, le quotidien d’opposition Cumhuriyet a publié sur son site une vidéo prise le 19 janvier 2014 et montrant des inspecteurs en train de fouiller un camion appartenant au MİT (service de renseignement turc). Dans ce camion qui s’acheminait vers la Syrie se trouvaient, selon le média turc, 800 000 munitions et un millier d’obus, dissimulés sous des médicaments.

Une vidéo accablante pour le gouvernement turc, donc : depuis que la révélation des livraisons d’armes de la Turquie aux rebelles islamistes syriens a éclaté, Erdoğan martèle qu’il s’agit de mensonges. Selon le président, le camion appartenait à une ONG et convoyait des biens dans le but d’apporter une aide humanitaire aux victimes de la guerre civile syrienne. Il clame que ce nouveau scandale a été orchestré par Fethullah Gülen dans le but de faire tomber l’AKP.

Pourtant, la vidéo montre que le camion portait bien le même numéro d’immatriculation que celui qui figurait dans les documents officiels d’où est partie toute l’affaire, et qui contenaient les témoignages d’officiers de la gendarmerie.

À ce jour, 34 membres de la police et de la gendarmerie qui accompagnaient le convoi ainsi que les quatre procureurs à l’origine de la décision d’intercepter le camion font l’objet de poursuites judiciaires ; ils sont accusés d’espionnage militaire et de tentative de renverser le gouvernement. En tout, une cinquantaine de personne est actuellement en détention.

En ce qui concerne Cumhuriyet, Erdoğan a affirmé après avoir ordonné la censure de la vidéo et des photos : « ces calomnies et cette opération illégitime contre le MİT sont en quelque sorte un acte d’espionnage ; ce journal est aussi impliqué dans ces activités d’espionnage ». Il a également menacé : « Tout ce qui les intéresse, c’est de jeter  une ombre sur l’image de la Turquie. Je suppose que la personne qui a signé ce reportage exclusif va en payer le prix ».

À une semaine des élections législatives, programmées pour le 7 juin, Cumhuriyet n’est peut-être pas le seul qui devra subir les conséquences de ces révélations.

Victoria Coste

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