Culture, Découverte, Société

Danny Laferrière de l’Académie française

Cet été, j’ai passé un peu plus de temps en France. Pendant mon séjour, j’ai lu Vers d’Autres Rives (Éditions de l’Aube), de Dany Laferrière de l’Académie française. C’est le deuxième livre de cet écrivain qui a déjà publié 31 livres que je lis en un an. Ce sont deux autobiographies qui sont pensées très intelligemment.

Dans ces deux livres, on retrouve ses dessins illustrant son propre manuscrit. Désormais, je comprends mieux pourquoi il écrit que chaque Haïtien sait dessiner. En lisant son dernier livre, j’ai découvert de grands peintres haïtiens et leurs ateliers. C’est le cas de Préfête Duffaut, de Philomé Obin, de Robert Saint-Brice, de Tiga, ou encore de Maud Robart, de Jean-René Jérôme et de Castera Basile, pour n’en citer que quelques-uns.

« Un jour, je suis entré dans un tableau et je m’y suis perdu. Un voyage vers d’autres rives », écrivait Dany Laferrière. Mais j’ai envie de détourner sa phrase en disant : « Un jour je suis tombé sur un livre de Dany Laferrière et je m’y suis perdu ».

Cela faisait un peu plus d’un an que j’avais lu son premier livre dans cette catégorie : Autoportrait de Paris avec chat (Éditions Grasset).

« J’ai toujours rêvé d’une biographie qui exclurait les dates et les lieux pour ne tenir compte que des émotions ou des sensations même fugaces. La première fois que j’ai vu une libellule. La fois que je suis entré dans la mer en ignorant qu’il fallait savoir nager. La fois que j’ai assisté à l’exécution d’un prisonnier politique près du cimetière de Port-au-Prince. Le dernier regard de ma mère en me voyant partir en exil. Ma première promenade dans la cour de l’Académie. Et toutes les fois que j’ai regardé un ciel étoilé en espérant trouver la Nina Estrellita. »

D’après les dernières nouvelles, on sait que l’académicien sortira un nouveau livre le 12 novembre prochain dans le même genre et dans lequel il racontera cette fois sa « période Miami », au début des années 1990, après son premier séjour montréalais. On a eu le droit à un avant-goût de cette aventure dans Vers d’autres Rives.

« J’avais relu Baldwin dans l’avion. Il explique que tant qu’on est dans le sud des États-Unis un Noir ne doit jamais oublier qu’il est noir. Ce que j’avais oublié après 14 ans à Montréal. Pourquoi ? J’avais écrit un premier roman qui avait du succès et j’avais peur de devenir un écrivain célèbre avant d’être en écrivain. »

Né à Port-au-Prince, il habitait avec sa mère et sa sœur dans un quartier populaire de Petit-Goâve. Il revient sur ses souvenirs durant tout le livre.

« J’habitais avec ma mère et ma sœur dans ce quartier populeux où une Buick neuve se garait chaque après-midi devant la maison d’une jeune fille magnifique. J’étais toujours à la fenêtre à l’observer sur son balcon juste avant qu’elle descende pour partir à la plage ! »

Il ne se souvient pas de son père qui est parti en exil quand il avait quatre ans. Son éducation, il la doit surtout à sa grande mère Da. Il a été chroniqueur pour l’hebdomadaire le Petit Samedi Soir en faisant des portraits de peintres haïtiens.

Pour résumer, Dany Laferrière a finalement quitté Port-au-Prince à la suite de l’assassinat de son ami Gasner Raymond pour rejoindre Montréal en 1976 où sa vie n’a pas été facile jusqu’à ce qu’il devienne célèbre après avoir écrit son premier roman Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer en 1985.

Il est devenu immortel le 12 décembre 2013, en occupant le fauteuil du numéro deux, Hector Bianciotti.

Dr. Hüseyin Latif, directeur de publication

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