Environnement, International

De possibles anomalies dans certaines centrales françaises

L’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a publié hier une note d’information dans laquelle elle explique que neuf centrales nucléaires d’EDF sont susceptibles de présenter des anomalies.

Entrée_de_la_centrale_de_CivauxC’est 18 réacteurs nucléaires, situés dans 9 centrales françaises, qui pourraient présenter une anomalie similaire à celle de la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche), selon l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

Pour rappel, Areva avait annoncé en 2015 la présence de possibles anomalies de composition sur la cuve de l’EPR de Flamanville, sur des pièces fabriquée par l’usine d’Areva dans le Creusot. Un an plus tard, au début de l’année 2016, Areva et EDF avaient annoncé ensemble la présence d’anomalies « sérieuses, voire très sérieuses », « plus importantes que prévu ». Les résultats finaux des analyses lancées à ce sujet seront connus à a fin de l’année.

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Depuis l’annonce d’anomalies dans la centrale de Flamanville en 2015, des études ont été menées dans d’autres centrales nucléaires françaises dont les pièces proviennent de l’usine d’Areva du Creusot, à la demande de l’ASN. Dans sa note publiée hier, l’ASN a déclaré: « Les analyses menées par EDF depuis 2015 concluent que certains fonds primaires de générateurs de vapeur pourraient présenter une zone de concentration importante en carbone pouvant conduire à des propriétés mécaniques plus faibles qu’attendue ». Les centrales concernées sont celles du Blayais, du Bugey et de Fessenheim (un réacteur concerné à chaque fois), de Chinon, de Civaux, de Gravelines et de Saint-Laurent-des-Eaux (deux réacteurs), de Dampierre (trois réacteurs) et du Tricastin (quatre réacteurs).

Des anomalies certainement dues à des irrégularités de contrôle

Le dévoilement des anomalies sur la cuve de l’EPR de Flamanville avait révélé l’existence de plusieurs « irrégularités dans le contrôle de fabrication d’environ 400 pièces produites depuis 1965, dont une cinquantaine seraient en service sur le parc électronucléaire français ». L’ASN avait aussi pointé « des incohérences, des modifications ou des omissions dans les dossiers de fabrication portant sur des paramètres de fabrication ou des résultats d’essais ». Areva a reconnu en avril 2016 la présence d’irrégularités dans le suivi des fabrications. 

Les réacteurs vont-ils être arrêtés? 

« Il existe une suspicion qui ne justifie pas pour l’instant l’arrêt de réacteurs » a déclaré le directeur général adjoint de l’ASN, Julien Collet. Pour le moment, d’après un porte parole d’EDF, le fonctionnement en toute sûreté des centrales est assuré. Des tests complémentaires ont été demandés par l’ASN, qui veut « vérifier que les fonds ne présentent pas de défauts susceptibles de conduire à une rupture de la pièce ». En fonction des résultats des prochains contrôles, l’arrêt des réacteurs pourrait être envisagé.

Depuis les années soixante, 400 irrégularités ont été répertoriées sur les 10 000 pièces produites par l’usine Areva du Creusot. Douze autres pays, comptant une quinzaine de réacteurs, sont équipés par des pièces provenant de la même usine, selon une enquête de Greenpeace publiée le 16 janvier dernier. L’ONG a d’ailleurs demandé que, dès la publication de la liste des usines concernées, celles-ci soient fermées à titre préventif.

C.T

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