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Décès de Maryam Mirzakhani, première femme médaille Fields

 Samedi 15 juillet fut une journée particulière en Turquie. Cette année, alors que nous fêtions l’échec de la tentative de coup d’État de l’année dernière, une nouvelle étoile s’est éteinte.

Crédit photo : Stanford News

Maryam Mirzahkani, mathématicienne iranienne et première femme à avoir reçu la médaille Fields – une distinction prestigieuse créée en 1936, équivalent au prix Nobel de mathématiques – est décédée à l’âge de 40 ans ce 15 juillet, aux États unis, des suites d’un cancer.

C’est à 17 ans qu’elle participe aux Olympiades internationales de mathématiques à Hong-Kong où elle remporte la médaille d’or. Le prodige né à Téhéran réitère le même exploit l’année suivante, à Toronto.

Ce n’est donc pas surprenant que Maryam Mirzahkani ait intégré l’université Sharif de technologie à Téhéran puis que Harvard lui ait ouvert ses portes pour qu’elle y fasse sa thèse sous la direction de Curtis McMullen, lui-même médaillé Fields. Avant de décrocher elle même cette distinction, elle continuera ses études à Princeton et deviendra professeure à Stanford en 2008, à l’âge de 31 ans.

Celle qui confiait en 2008, dans un entretien accordé à la Fondation Clay, rêver d’être écrivaine a eu raison de persister dans les mathématiques.

En 2014, la distinction qui a toujours été remportée par des hommes (52) lui sera enfin décernée en même temps que le prix de la recherche de l’Institut Gray. Elle est ainsi la première femme – de surcroit iranienne – à être récompensée pour son travail sur la géométrie des formes inhabituelles – la géométrie des surfaces dites de Rieman – et pour sa découverte quant aux nouvelles façons de calculer les volumes d’objets avec des surfaces hyperboliques.

Le Congrès international des mathématiciens (ICM), en annonçant sa récompense Fields, avait expliqué que Maryam Mirzahkani était « dotée d’une parfaite connaissance d’un éventail très divers de techniques mathématiques et de cultures mathématiques disparates », avant de souligner ses nombreuses qualités : « elle maîtrise une rare combinaison de capacités techniques, d’ambition audacieuse et une profonde curiosité ».

Malgré ces récompenses, la chercheuse a su rester humble. En 2014, alors qu’elle venait de recevoir la médaille Fields, elle se décrivait alors comme une « chercheuse lente », expliquant que « la majorité du temps, faire des maths est comme grimper une montagne, sans chemin et sans perspective devant ».

Celle qui a tout réussi a mené son dernier combat contre la maladie. Deux jours avant que le cancer ne l’emporte, Maryam Mirzahkani a publié sur Facebook un message poignant, expliquant l’amour qu’elle porte aux mathématiques : « Plus je passe de temps à faire des maths, plus je suis heureuse ».

Un amour avec cette discipline scientifique qu’elle doit à son frère et à un livre de maths portant sur l’histoire de Friedrich Gauss.

Pas étonnant qu’à travers le monde, on pleure la mort de la première femme médaillée Fields. C’est le cas notamment de l’iranien Firouz Naderi, scientifique de la NASA, qui a partagé la nouvelle sur Instagram : « Une lumière s’est éteinte, cela me brise le cœur… Elle est partie trop tôt ».

Nos pensées se tournent vers sa famille et notamment son époux, Jan Vondrak et leur fille Anahita. 

Aujourd’hui, nous ne devons pas oublier la volonté de Maryam Mirzahkani : inspirer les jeunes femmes scientifiques et mathématiciennes. Cette dernière était convaincue que « de nombreuses autres femmes recevront ce type de récompense dans les prochaines années. »

Camille Saulas

 

 

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