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Découverte exceptionnelle dans la province de Mersin

Une mission archéologique sous-marine exceptionnelle conduite dans le sud de la province de Mersin, en Turquie, a permis de découvrir dix-huit épaves de bateaux datant de l’époque classique, romaine et byzantine.
Cette découverte incroyable représente l’aboutissement de vingt jours de recherche dans les eaux bleues de la Méditerranée pour l’équipe du professeur Hakan Öniz. Un travail acharné de la part des trente plongeurs et scientifiques qui la composent a été nécessaire afin de détecter la présence de dix-huit épaves de bateaux vieux de 1000 à 2700 ans dans les fonds marins de la province de Mersin. Mais ce n’est pas tout : seize d’entre eux possédaient des amphores à leur bord, très probablement destinées à transporter du vin et de l’huile d’olive. Selon le directeur du projet, ces vestiges nous offrent de précieux renseignements sur les « activités commerciales et agricoles de la région qui se sont particulièrement développées après les deux premiers siècles de notre ère ».

L’équipe d’archéologues a fait usage des dernières technologies de pointe pour parvenir à analyser en si peu de temps les fonds marins de cette partie de la côte. Leur bateau, le Selçuk 1, était équipé d’un sonar puissant leur permettant de détecter les objets enfouis sous le sable. Trois robots sous-marins opérables à distance se trouvaient également à leur disposition.

Depuis 2015, de nombreuses missions archéologiques sont régulièrement effectuées sur un espace de cent kilomètres le long de la côte de Mersin. Les précédentes recherches ont notamment permis de mettre la main sur quatorze autres épaves, ainsi que sur vingt-quatre ancres de bateau en pierre datant de l’âge du Bronze (de 2200 av. J.-C. à 800 av. J.-C.). La présence de ces dernières prouve, pour Hakan Öniz, que l’activité maritime sur la côte de Mersin était déjà importante il y a trois mille ou trois mille cinq cents ans.

Malheureusement, le grand public n’aura pas l’occasion d’admirer l’ensemble de ces vestiges dans les musées archéologiques de Turquie. Sauf mention contraire du ministère de la Culture et du Tourisme, la plupart vont rester à l’endroit même où ils ont été trouvés, faute de budget. Après de si longs siècles passés au fond de l’eau, leur seul contact avec l’air pourrait rapidement les détériorer, obligeant la mise en place d’un traitement spécifique très couteux afin de les protéger. Une nouvelle mission pour les scientifiques qui doivent désormais s’attacher à conserver ces fragments d’histoire maintenus dans les profondeurs de la Méditerranée.

Jean-Baptiste Connolly

Crédit photo : Hürriyet Daily News

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