Economie, Environnement, Société

Décryptage — La Turquie « Zéro déchet » : Objectif 2023

Le 30 juin dernier, la Première dame Emine Erdoğan a rencontré le maire de la petite ville de Kamikatsu, Yasushi Hanamoto, qui a adopté la politique « zéro déchet » au Japon, ainsi que les agents de l’Académie zéro déchet, afin de discuter du projet « Turquie zéro déchet » insufflé par le ministre turc de l’Environnement, Murat Kurum, puis lancé officiellement par la Première Dame.

Recycling

Avec un score de 52,96 en 2018, la Turquie était classée 108e sur 180 pays sur l’Indice de performance environnementale (EPI). La Turquie recycle en effet encore peu, c’est pour cette raison que le parlement turc a récemment légiféré pour éveiller les consciences sur la protection de l’environnement en lançant le projet « Zéro déchet ».

Les autorités turques ont ainsi fixé des objectifs ambitieux pour 2023, année du centenaire de la République turque, en ce qui concerne le recyclage de papiers, des métaux et des matières plastiques pour les secteurs publics et privés (hôpitaux, centres commerciaux, administrations, etc.).

Les premières actions mises en place ont déjà porté leurs fruits : la fin de la gratuité des sacs en plastique en vigueur depuis le 1er janvier 2019 dans les commerces et autres supermarchés a permis de diminuer leur consommation de 50 % dès la première semaine. La Turquie constitue ainsi un nouveau marché cible pour les entreprises disposant d’une expertise en produits, technologies et savoir-faire de recyclage.

Dirigé par la Première dame Emine Erdoğan en collaboration avec le ministère de l’Environnement et de l’Urbanisation, le projet « Zéro déchet » vise à prévenir le gaspillage, à promouvoir une utilisation plus efficace des ressources, à réduire les déchets, mais aussi à encourager l’installation d’un système de collecte et de recyclage efficace. Le projet figure également dans l’étude de la performance environnementale de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Chaque Turc utilise en moyenne 440 sacs plastiques par an, a indiqué M. Kurum, ajoutant que l’objectif était de diviser ce nombre par dix d’ici 2025. À ce jour, environ 18 000 institutions publiques appliquent le concept « Zéro déchet » dans le cadre de ce projet qui se focalise notamment sur les enfants et les jeunes à travers l’organisation de manifestations dans les écoles pour initier cette frange de la société à la culture du traitement des déchets. Le but étant de changer les habitudes afin de préparer les générations futures à être plus sensibles au recyclage que les personnes d’âge moyen et les personnes âgées, qui n’ont pas forcément eu la chance d’avoir cette éducation verte.

Dès lors, des initiatives germent un peu partout en Turquie, à l’image de cette machine que l’on peut retrouver dans certaines stations de métro à Istanbul.

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Le concept est simple : chaque bouteille en plastique ou canette placée dans cette machine permet de récolter des crédits sur sa carte de transport. Malheureusement, ce projet de la municipalité d’Istanbul pour favoriser le recyclage ne rapporte que quelques centimes de crédit aux usagers des transports publics ; ce qui n’est pas suffisant pour les inciter à venir vider leurs sacs de bouteilles en plastiques ou de canettes.

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Bilan du projet en 2019 :

Depuis qu’il a débuté il y a 19 mois, 126,1 tonnes de papier et de carton ont été recyclées, empêchant ainsi la coupe de 2 142 arbres, tandis que 49 tonnes de déchets plastiques ont été recyclées, économisant ainsi 798,7 barils de pétrole. Au total, 25,5 tonnes de matières premières ont été économisées en recyclant 8,7 tonnes de verre et 11,5 tonnes de déchets métalliques, tandis que 3,7 tonnes de compost ont été produites à partir de 9,1 tonnes de déchets organiques et utilisées pour la culture de légumes et de fruits.

De plus, le biodiesel était produit en recyclant de l’huile végétale usée, de l’huile minérale en recyclant de l’huile de moteur usée et des matières premières en recyclant des déchets électroniques. D’après les données disponibles, les 19 premiers mois du projet ont permis de générer 807 341 kilowattheures d’énergie, 3 528 m3 d’eau, 1 490 m3 d’espace de stockage et une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25,6 tonnes.

Finalement, le bilan est encourageant pour un pays qui s’est emparé tardivement des enjeux climatiques, mais des efforts restent à déployer au regard des objectifs du taux de recyclage à 35 % pour 2023.

Mention : ENCOURAGEMENT

Alexandre Gassier

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