Chroniques

Demain est un autre jour

Samedi 14 novembre. 9 heures du matin. Il y a des jours comme ça où l’on se réveille et l’on se demande si ce qui nous entoure est bien réel. Et si ce n’était qu’un mauvais rêve ? Impuissants, fatalistes, amers car incapables de protéger les nôtres face à la terreur. Est-il parfois vraiment nécessaire de mettre des mots sur les maux, nous qui nous accrochons tant bien que mal à un semblant d’information sur toute forme de médias à laquelle nous avons accès ? Frénétiques Twittos, saisissez-vous au moins l’ampleur des messages que vous relayez ? Nombreux sont ceux qui ont accepté d’être otages d’une façon de penser qui cède à la peur et proclame l’avènement d’une « guerre ». Nous avons néanmoins le droit d’avoir peur mais elle ne doit pas être source de perdition et d’aveuglement pour l’homme. Bien au contraire. Cette peur légitime et sans équivoque est la preuve même d’une force de vie déterminante pour prendre conscience de ce qui doit changer. Pour agir. À défaut de suivre béatement des idées qui circulent çà et là, et de prendre parti pour s’octroyer un tant soit peu de contenance dans la détermination factice du virtuel, tâchons avant tout de comprendre concrètement ce qu’il se passe pour rester lucides.

Paris, Beyrouth, Ankara, Madrid, Bombay, Casablanca, Boston, Lagos… Il n’est jamais inutile de le répéter : ne jamais croire que le terrorisme ne provient que d’un seul et même organisme n’ayant défini qu’une seule cible précise. Certains en ont même été plusieurs fois victimes dans leur vie, à des endroits différents. Devons-nous désormais nous résoudre à survivre pour vivre ? Le terrorisme est nourri là où il peut durablement prendre racine, là où une idéologie de mort peut se développer, là où les stigmates d’un phénomène qui ne date pas d’hier perdurent. Il n’a pas d’origine précise. Il n’a pas d’âge ni de foi. Ceux qui se disent membres actifs d’un groupuscule, comme d’un autre, ne sont qu’un des multiples instruments d’un mal protéiforme que l’on n’a toujours pas su combattre à sa source. Et l’on se trompe à nouveau de débats, de coupables, de stratégies dans un cercle vicieux et inlassable, tandis que le phénomène poursuit son ascension inexorable dont on peine à déceler les failles, si ce n’est d’endormir les consciences grâce aux vapeurs trompeuses de l’extrémisme, qui se revendique d’une religion dont il a visiblement perdu le sens depuis bien longtemps.

À ceux qui ont décidé de combattre au nom d’une doctrine dont ils sont visiblement les seuls détenteurs, sachez que la religion n’est pas de race et ne cautionnera jamais l’idéologie que vous prônez. Ma religion est celle de l’amour, du partage, de la tolérance et de la paix. Celle où le monde est un endroit sûr où la paix prévaut toujours. Je suis marocaine et musulmane, je suis française, je suis libanaise, je suis turque. Je suis citoyenne du monde. Et j’ai décidé de vivre pleinement chaque instant, simplement, envers et contre tout.

Par Myriam Saqalli

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