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Démission d’Alexis Tsipras : le jeu démocratique à la grecque

Le Premier ministre grec a annoncé sa démission jeudi soir lors d’un discours retransmis à la télévision. Cette décision engendre la tenue d’élections anticipées en Grèce. Il s’agira du troisième vote de l’année pour les Grecs.

Loin d’être une surprise, la démission d’Alexis Tsipras était attendue depuis plusieurs semaines. C’est lors d’une allocution retransmise à la télévision jeudi 20 aout que le Premier ministre a fait son annonce. « Le mandat dont j’ai été investi le 25 janvier dernier est arrivé à sa fin et nous devons laisser au peuple le choix de décider », a t-il déclaré devant les caméras. Une décision qui intervient un peu plus d’un mois après le référendum sur le plan d’aide à la Grèce. Ce même référendum qui avait failli aboutir à la sortie du pays de la zone euro.

Alexis Tsipras en perte de légitimité

Le 5 juillet dernier, les Grecs avaient répondu non au référendum sur la proposition d’accord entre la Grèce et ses créanciers. Finalement, le pays a accepté un prêt de 86 milliards d’euros sur trois ans qui inclut des nouvelles mesures de rigueur.

Une décision très contestée par l’Assemblée puisqu’une quarantaine de députés Syriza ont refusé le 14 août de voter pour ce troisième plan d’aide. La majorité parlementaire est maintenant réduite à 119 députés sur les 300 que compte le Parlement.

Ce désaveu de la classe politique pour Alexis Tsipras était tel que tous les médias grecs titraient depuis une semaine la possible démission du gouvernement.

Dissension au sein de Syriza

La réaction de l’aile gauche de Syriza ne s’est pas fait attendre. Par une lettre envoyée au président du Parlement, 25 députés ont annoncé vendredi matin leur volonté de quitter le parti. Ces députés ont fait connaître par la même occasion la création d’un nouveau groupe parlementaire et d’une nouvelle formation politique se nommant « Union populaire ».

Le divorce est mené par Panayotis Lafazanis, ex-ministre de l’Environnement et de l’Energie. Il avait perdu sa place après le remaniement ministériel de juillet. Il fait partie des députés qui s’étaient vivement opposés à l’accord passé entre l’UE et la Grèce sur le troisième plan d’aide. Un accord vécu comme une trahison pour certains membres de Syriza. Et pour cause, la grande promesse du parti au pouvoir était la fin de la politique d’austérité en Grèce. Un engagement qui avait grandement participé à la victoire de Syriza. Pour le moment, la date des élections anticipées n’est toujours pas connue.

Claire Villalon

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