International, Politique

Démission de Matteo Renzi

Choses promises, choses dues, Matteo Renzi, président du conseil italien, se retire du gouvernement à la suite de la réponse négative obtenue au référendum de dimanche 4 décembre. 60% des électeurs italiens présents aux urnes ont voté « non » et ont ainsi rejeté son projet de réforme. Le taux de participation à ce référendum constitutionnel était de 68%.

img_1620Ce projet de loi de réforme a été victime de son ambition. Très contraignant, Matteo Renzi y prévoyait une réduction importante des pouvoirs du Sénat, avec une suppression du vote de confiance du gouvernement et pour la majeure partie des lois, une limitation des pouvoirs des régions, mais aussi la suppression des provinces. L’idée défendue était de réformer cette Constitution datant de 1948, soit de l’après-guerre et de l’après-fascisme, pour apporter une stabilité au pouvoir et accélérer le processus législatif. Ses détracteurs l’ont vu comme un moyen de donner plus de pouvoirs au chef du gouvernement.

À 41 ans, Matteo Renzi, président du Parti Démocratique, élu président du conseil des ministres en février 2014, se positionna avec force face à une grande majorité de responsables politiques issus aussi bien de la droite que du mouvement populiste 5 étoiles ou de la Ligue du Nord, mais aussi de la gauche avec les frondeurs de son propre parti. L’un d’entre eux, Roberto Speranza, s’est d’ailleurs exprimé lundi matin précisant qu’aucun membre de son parti n’avait demandé la démission de Matteo Renzi.

Mais voilà qui est fait. Un peu avant minuit, après l’annonce des résultats, le président du conseil a reconnu sa défaite. Après s’être réuni avec son gouvernement, il a finalement présenté sa démission au président de la République Sergio Mattarella lundi après-midi. Ce dernier devra décider s’il confie à Matteo Renzi ou à un membre de la majorité la responsabilité de former un nouveau gouvernement ou celle de provoquer des élections législatives anticipées.

Les membres du Mouvement 5 étoiles, dirigé par Beppe Grillo, ne cachent plus leur envie d’accéder au pouvoir sur une grande majorité du pays. Ils sont déjà au pouvoir à Rome et à Turin. Aujourd’hui, ils aimeraient que le nouveau gouvernement technique soit rapidement réformé afin qu’une élection anticipée soit organisée en janvier 2017.

François Hollande est le premier chef d’État à s’être exprimé à la suite de l’allocution télévisée et de l’annonce de la démission de Matteo Renzi ; une décision à laquelle il dit avoir « pris acte ». Le président de la République française lui a adressé « toute sa sympathie » dans cette situation qui, on imagine, lui rappelle un peu la sienne.

Pascale-Mahé Keingna

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