Economie, International, Politique

Démission d’Emmanuel Macron : bilan d’un ministre anticonformiste

À la suite de la démission d’Emmanuel Macron, Michel Sapin a été nommé, le 30 août, ministre de l’Économie et des Finances. L’occasion pour nous de revenir sur le bilan de l’ancien locataire de Bercy, qui était aussi – on l’oublie souvent – ministre du Numérique. Un pas en avant, un pas en arrière dans la néo-politique que mérite la société française.Emmanuel_Macron_(11_décembre_2014)_(2)Au-delà des autocars, quel est le bilan d’Emmanuel Macron? Après deux ans à Bercy, quel est le bilan du ministre de l’Économie français?

L’emblème restera évidemment la loi Macron 1, censée libérer la croissance, qui a été promulguée le 6 août 2015 après un passage en force à l’Assemblée nationale. La libéralisation du marché des autocars a séduit 3,8 millions de passagers, plus de 180 villes, et a créé 1.500 emplois directs.

Mais qu’en est-il des autres mesures ? Elles sont moins convaincantes.

Le travail le dimanche

Les zones touristiques internationales sont bien déployées de Paris à la Côte d’Azur, et une trentaine de maires de grandes villes ont augmenté le nombre de dimanches autorisés en 2016.

Dans les grandes enseignes, « les Galeries Lafayette ont lancé le recrutement de près de 500 nouveaux salariés, indique le ministère, après les 200 du BHV ». Apple, Louis Vuitton ou Darty ont aussi signé des accords, mais pas encore Le Printemps ni la Fnac.

Sur les professions réglementées, « les tarifs des greffiers de tribunaux de commerce ont baissé de 5 %, et ceux des notaires et des huissiers de justice de 2,5 % », affirme le ministère.

Le permis de conduire

L’examen du code peut être passé en dehors des auto-écoles, et le délai d’attente pour repasser la conduite est descendu de 98 à 68 jours.

60% des 308 articles de la loi ont été immédiatement appliqués, mais leurs effets sont progressifs et la loi Macron 2, qui devait aller plus loin et transformer l’économie en profondeur, n’existera pas.

Côté industrie

Dans le dossier Renault, il n’a pas hésité à tenir tête à Carlos Ghosn, le PDG, afin d’obtenir le respect de la loi Florange, qui donne un droit de vote double aux actionnaires historiques d’une entreprise. Pour obtenir ce qu’il voulait, le ministre a renforcé le poids de l’État qui s’est retrouvé avec 19,7% du capital. Il a pu faire plier Carlos Ghosn, mais six mois de négociations s’en sont suivi : Macron a accepté de geler les fameux droits de vote, sauf en cas de décision stratégique pour l’avenir de Renault.

Chez Alstom, dont la branche énergie a été reprise en 2014 par l’américain General Electric, Macron avait promis, à la légère, « zéro licenciement » pour faire passer la pilule du rachat… Mais cela n’a pas empêché cette année la suppression de 800 postes en France, sans qu’il réagisse.

La vision économique du ministre s’est aussi exprimée sur le dossier de l’acier, qu’il a défendu à Bruxelles dans un discours remarqué par les économistes. Pour empêcher les Chinois de vendre leur acier à prix cassé en Europe, il a appelé la commission au protectionnisme.

Avec Michel Sapin à sa succession à Bercy, on passe d’un ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, à un traditionnel ministre de l’Économie et des finances.

Que certains se rassurent : Axelle Lemaire conserve son poste de secrétaire d’État en charge du numérique. Elle reste d’ailleurs sous la tutelle du ministre de l’Économie qui n’est autre que Michel Sapin désormais.

De la « vieille école » , Michel Sapin a habituellement peu d’appétence pour les sujets numériques. Il est même le seul membre du gouvernement à ne pas avoir de compte Twitter… Le sang neuf du gouvernement devra attendre de nouveau.

Guillaume Asmanoff. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *