Politique

Démission du Premier ministre Davutoğlu : une simple formalité

L’annonce a de quoi étonner à la première lecture. Plus tôt dans la soirée d’hier, le premier ministre Ahmet Davutoğlu a donné sa démission et celle de son gouvernement au président Erdoğan. Faut-il y voir une confusion dans les rangs du gouvernement et des fidèles de l’AKP suite à la défaite toute relative du parti aux élections générales ? Rien n’est moins sûr car, dans les couloirs du palais présidentiel, l’événement n’en est pas un. Il s’agirait plutôt d’un geste purement protocolaire, dans l’attente de la formation d’un gouvernement.

Une question de protocole

Les deux hommes les plus importants de l’État turc se sont réunis ce mardi pour une conversation à huis-clos afin de discuter l’avenir du gouvernement suite à  la perte de sa majorité absolue au Parlement, due à un score insuffisant de l’AKP qui récolte 41% des suffrages. La démission annoncée du gouvernement Davutoğlu ne laisse donc pas entrevoir un quelconque désaccord entre ce dernier et son hyper-président, mais plutôt le déroulement naturel des événements suite à la fin de la domination de l’AKP au Parlement. Une démission protocolaire donc, comme signalé ailleurs dans la presse, dans l’attente d’un nouveau gouvernement. Reste à connaître la nature de ce dernier.

La ligne de l’AKP est claire, il s’agira soit d’un gouvernement de cohabitation avec l’un des partis d’opposition, soit d’un retour aux urnes anticipé pour les citoyens turcs si les négociations échouent avec ces partis. Pour ce dernier scénario, il suffira d’un délai de 45 jours à compter de la publication officielle des résultats des élections générales pour que le président Erdoğan puisse appeler à des élections anticipées. Ces résultats devraient être publiés la semaine prochaine.

L’idée d’une coalition semble se préciser

Bien que des élections anticipées ne soient pas à exclure, il est aussi possible que l’un des partis d’opposition au Parlement revienne sur son refus de former une coalition avec l’AKP. Les analystes ont longtemps suggéré que le MHP, deuxième parti d’opposition au parlement, serait la formation la plus à même de rejoindre une coalition gouvernementale en raison de sa forte tendance nationaliste, mais il est tout aussi probable que le parti de gauche libéral CHP (Parti républicain du peuple) accepte un tel partage des pouvoirs. Un comité doit d’ailleurs se tenir aujourd’hui à Istanbul afin de discuter des conséquences des résultats du parti aux élections, dont les 25% de suffrages obtenus en font le premier parti d’opposition. Dans le même temps son ex-leader Deniz Baykal aurait accepté l’invitation du président Erdoğan à une discussion dans la capitale Ankarra, portant sur d’éventuels « travaux parlementaires ».

Le HDP, dernier parti ayant passé le barrage des 10%, mais pas le plus insignifiant, dont les 13 % ont fait la surprise en élisant pour la première fois une formation pro kurde à l’assemblée, semble toujours quant à lui le parti le plus impropre à former une coalition avec le pouvoir en place.

 

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