Environnement, Politique

Dernière ligne droite pour le 3ème pont du Bosphore

L’un des symboles forts des « méga-projets » du gouvernement turc, le troisième pont reliant les rives asiatique et occidentale à Istanbul, ouvrira au mois d’août. Sa construction avance à grands pas.

Depuis le week-end dernier, la construction du pont Yavuz Sultan Selim I est engagée dans la dernière ligne droite. La compagnie de construction İÇTAŞ a annoncé que la dernière section du gigantesque pont, reliant Asie et Europe, a été installée ce dimanche. Le présidant turc, Recip Tayyip Erdoğan, a aussitôt communiqué que l’ouverture définitive du pont aura lieu au mois d’août.

Un projet gigantesque

Le pont Yavuz Sultan Selim I est le plus grand des 3 ponts passant au dessus du Bosphore. Avec 2.164 mètres de longueur et une portée de 1.408 mètres, il est le plus long pont à haubans du monde. Les pylônes de 322 mètres de hauteur sont également un record en la matière. De plus, le pont est équipé deux de voies ferrées et huit voies routières, pour un tablier faisant près de 60 mètres de largeur. Le coût total du projet est évalué à 3 milliards de dollars.

Le nom du pont fait référence au Sultan ottoman Selim 1er qui dirigea l’Empire Ottoman de 1512 jusqu’à sa mort en 1520. Souvent surnommé « le Terrible », le Sultan Selim 1er est une figure controversée de l’histoire puisqu’il fît massacrer des minorités religieuses, dont les Alévites, pendant son règne. Pourtant, le président turc Erdoğan défend la dénomination en annonçant que le but symbolique est avant tout de « relier l’Europe et l’Asie ». Avec ce projet, le président turc veut redonner à Istanbul, ancienne capitale de l’Empire ottoman, sa grandeur impériale.

La construction a donc une valeur symbolique. En témoigne la date du lancement des travaux, le 29 mai 2013, date anniversaire de la prise de Constantinople en 1453.

L’environnement, critique majeure

La principale critique avancée par les opposants du pont est celle de l’écologie. En effet, la construction, notamment de l’autoroute menant au pont, a eu pour conséquence le déboisement de forêts. Ceci aurait des répercussions sur l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Istanbul, déjà fortement affecté par ce problème. Ces critiques environnementales ne sont quasiment pas évoquées par les grands médias et les politiciens du pays.

Le contexte : « projets fous »

Le projet du 3ème pont s’inscrit dans la logique des « méga-projets » du gouvernement à Istanbul. Le pont Yavuz Sultan Selim I s’ajoute ainsi à la longue liste des nouvelles constructions : nouvel aéroport, tunnel de trois étages sous le Bosphore, canal d’Istanbul, Gated Communities…
L’expression « projets fous » vient d’Erdoğan lui-même qui espère, à travers ces gigantesques chantiers, construire une « nouvelle Turquie » aux allures ottomanes. La fin des projets est prévue au plus tard pour le centenaire de la République de Turquie en 2023.

Raphaël Schmeller

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