International, Politique

Dernière ligne droite pour les candidats à la primaire de la droite et du centre

Jeudi 17 novembre se déroulait le 3e et dernier débat de la primaire de la droite et du centre sur France 2. Diffusé également sur Europe 2, le débat arbitré par David Pujadas a permis aux partisans des Républicains et aux électeurs qui souhaitent voter d’affiner ou de simplement faire leur choix avant le premier tour de l’élection qui aura lieu le dimanche 20 novembre. Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson, François Fillon et Bruno Le Maire ont chacun, ou presque, pu présenter leur point de vue sur des questions d’ordre national comme international.2016-10-13-19-38-47Les premières questions ont mis en lumière l’impact qu’aura la politique menée par Donald Trump – récemment élu à la présidence des États-Unis – sur la France, et sur la manière dont ces sept candidats prévoient d’agir s’ils deviennent un jour présidents de la République française. L’avenir politique de la plus grande puissance mondiale pèse effectivement sur le nôtre, mais les candidats étaient plusieurs à préciser que la France ne devra pas subir. Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy étaient d’accord pour souligner que les États-Unis allaient adopter une politique isolationniste. Pour Nicolas Sarkozy, c’est l’occasion de s’affirmer en tant que nation et de défendre nos intérêts de manière plus agressive. Selon lui, il ne faut plus se laisser faire comme cela a été le cas dans la transaction Alstom – il regrette le fait que tous les trains soient construits sur le territoire américain. Cela ne doit plus arriver.

Une fois sortis de la question américaine, d’autres importants sujets de la scène internationale ont été abordés. David Pujadas s’est attiré les foudres de l’ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy, quand il a mentionné les accusations de Ziad Takieddine sur l’éventuel don d’argent qu’il aurait fait durant la campagne présidentielle de 2012 : « C’est une honte, quelle indignité sur le service public » a rétorqué celui-ci.

Après une courte tension, c’est le journaliste Jean-Pierre Elkabbach qui est entré en scène pour aborder l’intervention à Mossoul et le possible renfort à apporter aux forces spéciales. Alors que Jean-François Copé résume la priorité principale à la sécurité des Français et pour ce faire à la destruction de Daech, pour François Fillon et Nicolas Sarkozy on ne peut pas parler de ce conflit sans mentionner la Syrie, la présidence de Bachar Al Assad et la nécessité d’en finir avec cette guerre froide entre les États-Unis, la France et la Russie. Le premier propose une coalition avec les Russes et la réouverture d’une porte diplomatique à Damas, la même qui a été fermée par le second en 2012 pour des raisons de sécurité.

Les relations entre la France, l’Union européenne et la Turquie ont été traitées rapidement, sans changement de position des candidats qui ont souligné l’importance de renforcer les politiques européennes sous des valeurs et des fondements communs ainsi qu’avec un renforcement des frontières extérieures et une négociation entre les chefs d’État des pays de l’UE et ceux de la région du Moyen-Orient.

En ce qui concerne les sujets nationaux, la question de l’éducation et du collège unique a été posée. Jean-François Copé et Bruno Le Maire sont d’accord sur sa suppression pour que les enfants en retard puissent « trouver leur voie ». Les candidats sont cependant tombés d’accord sur le renforcement des enseignements fondamentaux et la réforme des rythmes scolaires. Jean-Frédéric Poisson insiste sur la nécessité de créer des classes de niveau.

La question de la fonction publique a ensuite permis à François Fillon et Alain Juppé de s’affronter sur la proposition du premier quant à la suppression de 500 000 postes. Proposition jugée « impossible » par Alain Juppé. François Fillon l’envisage avec une semaine de travail de 39 heures, mais son adversaire trouve cette proposition impossible : « on ne fera pas travailler 39 heures les enseignants ».

Quant au RSA et aux allocations, Bruno Le Maire s’est fait entendre avec son plan de création d’ « emplois rebonds » qui permettraient aux personnes en difficulté de pouvoir cumuler ces emplois avec une aide financière en dessous du SMIC.

Ce troisième débat a, à certains moments, viré à l’affrontement entre les journalistes et les candidats qui ont contesté le déroulement de ce dernier. François Fillon a trouvé inadmissible qu’on puisse survoler des sujets aussi importants et a regretté que le débat politique soit devenu un spectacle pour la télévision. Quant à Nathalie Kosciusko-Morizet, elle ne s’est pas gênée pour souligner l’inégalité du temps de parole qui devait pourtant être limité. Certains candidats n’étaient parfois pas sollicités pour répondre à certaines questions.

Depuis sa remontée dans les sondages, François Fillon a su regagner sa place auprès des deux favoris Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Ce sont ces trois candidats qui ont en grande partie mené le débat. Ces derniers ont pris un malin plaisir à envoyer quelques railleries à leurs adversaires et aux journalistes. Nicolas Sarkozy est en tout cas parti du studio confiant, à en juger à son passage éclair aux micros des journalistes d’Europe2, installés à deux pas du studio télé, juste après le débat.

Pascale-Mahé Keingna

 

 

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