Politique

Des députés HDP ont demandé à se rendre sur l’île d’Imralı

S’exprimant pour le compte de la Délégation Imralı, le député HDP Sırrı Süreyya Önder a aujourd’hui appelé à une « coalition nationale totale » tout en révélant avoir demandé à se rendre sur l’île d’Imralı où se trouve emprisonné depuis 1999 Abdullah Öcalan, leader du PKK.

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Fraîchement élu, le député HDP Sırrı Süreyya Önder a aujourd’hui donné une conférence de presse relayée entre autre par le site d’information Bianet. S’exprimant au nom de la Délégation Imralı et accompagnée des deux vice-présidents du groupe parlementaire du HDP Idris Baluken et Pervin Buldan, il a d’abord exprimé son désir de voir être mise en place une coalition de grande ampleur : « Le président Recep Tayyip Erdoğan sape le processus de résolution (du conflit entre l’État et les rebelles kurdes du PKK). Les peuples de Turquie ont retourné la situation après les élections législatives. Nous devrions former une coalition nationale totale. Pas seulement avec les membres de l’Assemblée mais également avec les partisans à l’extérieur. C’est bien plus important que la coalition gouvernementale. »

Par la suite interrogé sur la langue dans laquelle les députés HDP prêteront serment –certains s’inquiètent d’éventuelles prestations données en kurde-, l’intéressé s’est contenté de répondre que « toutes les prestations de serments seraient appropriés ».

Mais le sujet principal de la conférence de presse portait sur la demande de permission officielle de visite de l’île d’Imralı envoyée au ministère de la Justice. Située en mer de Marmara à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Istanbul, Imralı est depuis 1935 une île-prison. Depuis 1999 y est incarcéré Abdullah Öcalan, le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui est considéré comme un mouvement terroriste par la Turquie, l’OTAN et l’Union européenne. Depuis son arrestation en 1999 jusqu’en 2009, date de l’arrivée supposée d’autres détenus, Abdullah Öcalan aura été le seul détenu de l’île. Une mesure d’isolement exceptionnelle que n’avaient cesser de dénoncer ses proches et ses sympathisants.

Composée des députés HDP Idris Baluken, Pervin Buldan et Ceylan Bağrıyanık, et du co-président du Congrès de la société démocratique (DTK) Hatip Dicle, la délégation d’Imralı s’était rendue sur l’île d’Imrali le 5 avril dernier pour s’y entretenir avec Öcalan, étape jugée nécessaire dans le processus de résolution du conflit entre Ankara et la rébellion armée kurde. Leurs demandes ultérieures, en revanche, étaient restées sans réponses.Imrali

En effet, depuis le lancement de la période de campagne électorale, des voix se sont élevées contre l’isolement « aggravé » d’Öcalan en raison de l’interdiction systématique de visites, y compris de la part de son avocat Mazlum Dinç ou de son frère Mehmet Öcalan. Les demandes de permission des familles des autres prisonniers de l’île ont également été rejetées par les autorités qui invoquaient toujours la même raison : le bateau serait en réparation.

Après avoir confirmé avoir cessé toute négociation avec le gouvernement depuis deux mois, la délégation Imralı a, par l’intermédiaire du députée Sırrı Süreyya Önder, laissé entendre qu’un désarmement du PKK était une possibilité : « Une date de désarmement pourrait être annoncée après que la délégation se soit rendue à Imralı. »

 Alexandre De Grauwe-Joignon

 

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