Economie

Des importations pour faire baisser le prix de la viande

Le gouvernement a décidé de lancer une série de mesures afin de maintenir la stabilité des prix qui continuent d’augmenter et de générer de l’inflation en Turquie. Le Conseil de la viande et du lait (ESK), dirigé par l’Etat, est maintenant contraint d’importer de la viande en quantités élevées afin de la revendre à des prix restreints.

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Selon certains représentants du secteur privé, le prix de la viande a considérablement augmenté en Turquie ces dernières années en raison des difficultés d’approvisionnement et des mouvements spéculatifs des commerçants.

L’ESK a lancé ce mardi 5 août un appel d’offre consistant à importer plus de 3 200 tonnes de viandes congelées en provenance de l’Union européenne (UE). L’appel d’offre a été prolongé jusqu’aux congés de la fête du sacrifice, aussi connu sous le nom d’Eid al-adha en arabe ou Kurban Bayramı en turc, qui tombera cette année le 24 septembre. L’ESK prévoit d’importer un total de 19 000 tonnes de viande en provenance de l’UE dans les jours qui suivent.

La Fédération des bouchers a protesté, déclarant que les baisses de prix annoncées par l’ESK et l’import de viande venu de l’UE risquaient de nuire aux revenus des bouchers. « L’Etat a créé un environnement de concurrence déloyale. En tant que boucher, nous ne pouvons pas endurer les prix trop fortement réduits imposés par l’ESK, dirigé par l’Etat », a déclaré Fazlı Yalçındağ, le président de la fédération, ce mercredi 12 août dans le quotidien Hürriyet.

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La Turquie a décidé d’importer plusieurs milliers de tonnes de viande de l’UE, afin de pouvoir réduire le prix de la viande sur son territoire.

« Les petits éleveurs devraient être encouragés afin d’empêcher la montée des prix », a déclaré la semaine dernière Bendevi Palandöken, président de la Confédération des artisans et commerçants turcs (TESK). Palandöken a reconnu la spéculation se déroulant chaque année autour de la fête du sacrifice comme étant véritablement à l’origine du problème.

« Sur le long terme, des mesures plus complètes doivent être entreprises, comme l’instauration d’un travail statistique sur la production agricole, l’augmentation du nombre de chèvres et de moutons ou encore la création de politiques afin d’encourager la consommation de viande. Des incitations publiques devraient aussi être instaurées sur des périodes de cinq ans et les abattoirs insalubres doivent être fermés », a déclaré Şemsi Kopuz, président de la Fédération de l’industrie agro-alimentaire turque.

Selon lui, des tentatives de baisse des prix seraient réellement bénéfiques à la consommation de viande, relativement faible en Turquie. D’autres associations agro-alimentaires supportent elles aussi l’augmentation des imports, déclarant que la consommation de viande en Turquie représente seulement un tiers de la consommation moyenne en Europe aujourd’hui.

Sophie de Tapia

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