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Des places emblématiques

Depuis quelques jours, Istanbul vit au rythme du mois du ramadan. En fin d’après-midi, des tables sont installées sur les grandes places de chaque quartier de la ville où la municipalité offre des repas de l’iftar (rupture de jeûne).

À l’approche du coucher du soleil, de longues files d’attente se forment tandis que, dans les rues commerçantes, les magasins ferment et d’autres tables sont installées à la hâte par des restaurants qui proposent aussi des iftars. Chez ces derniers, l’iftar n’est pas offert, mais l’ambiance reste chaleureuse et festive. Lorsque les lumières s’allument autour des minarets des mosquées d’Istanbul afin d’annoncer la rupture du jeûne, les rues, les grandes avenues et les routes se vident. On constate également l’arrêt des gigantesques embouteillages de la ville vidée de ses véhicules. On découvre alors Istanbul magnifique et majestueuse.

Partons sur une autre place, celle des meetings pour les élections anticipées turques. Pour les élections présidentielles (à deux tours), six candidats sont en lice. Parmi eux, il n’y a qu’une seule femme. Meral Akşener est la candidate du « Iyi Parti » (Bon Parti) dont elle est la présidente. Elle a fondé celui-ci en octobre 2017 après avoir quitté le MHP (Parti d’action nationaliste). Meral Akşener est née le 18 juillet 1956, à İzmit. Enseignante puis femme politique, elle a été dans le passé proche de Mme Tansu Çiler, la seule femme Première ministre en Turquie. Cette ancienne parlementaire a la réputation d’être une femme redoutable. Elle est, à ce jour, l’unique femme à avoir occupé le poste de ministre de l’Intérieur en Turquie. Là où Ségolène Royal en France et Hillay Clinton aux États-Unis ont échouées, Meral Aksener peut-elle triompher en Turquie en devenant la première femme présidente de la République ?

Et si l’on se rendait sur une autre place, très symbolique à Paris, où se sont déroulées les manifestations étudiantes, mais aussi des grèves générales en mai 1968, il y a précisément 50 ans ? Étrangement, on peut encore y voir des scènes semblables. Vous pensez à une reconstitution historique ? Détrompez-vous ! Il s’agit bien de nouvelles contestations populaires « face à un gouvernement inflexible et un président dont la pratique du pouvoir est très verticale ». Laurent Joffrin, du quotidien Libération, décrit ainsi la politique du Président Macron : « Elle avantage les contribuables aisés, les entreprises, la finance, elle libéralise la SNCF et le marché du travail, elle est verticale, impérieuse, elle est ferme envers les zadistes, les étudiants contestataires et les immigrés ». Est-il encore possible de remporter des combats politiques sur des places emblématiques de Paris ?

Mireille Sadège, Rédactrice en chef

 

 

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