Environnement, Société, Tourisme

Des plages artificielles de sable blanc, un désastre pour l’écosystème

Sur la côte méditerranéenne de Turquie, des hôtels ont récemment alimenté la controverse en déversant du faux sable blanc en bord de mer afin d’attirer les touristes dans les stations balnéaires ; une pratique qui met gravement en danger la vie marine.

Lorsqu’il a finalement été découvert que ces « plages » de « sable blanc » n’étaient en réalité que le fruit d’un déversement de poussière de marbre ou de quartz, des enquêtes ont été lancées, tandis que des amendes ainsi que des protestations de la part de l’opinion publique et d’organisations de protection de l’environnement ont suivi.

Des hôtels très fréquentés, particulièrement à Bodrum — la station balnéaire la plus connue de Turquie —, avaient pris l’habitude d’importer du sable blanc des Maldives au début des années 2000. Mais l’augmentation des prix de l’or blanc a poussé ces derniers à faire venir du sable du Lac de Salda, lac situé dans la province de Burdur que l’on surnomme volontiers « les Maldives turques ». À la suite de l’interdiction d’extraire du sable du lac de Salda, certains hôteliers se seraient tournés vers les carrières de marbre de la région ; la poussière de cette pierre faisant parfaitement illusion.

Si cette pratique peut paraitre inoffensive à certains, les experts sont formels : une telle pratique est extrêmement nocive, notamment pour la biodiversité de la région.

Le 11 juin, le professeur Uğur Sunlu de l’Université de l’Égée a affirmé à l’agence Demirören que tout changement de l’environnement naturel des plages affecte la flore et la faune maritimes, chaque plage ayant une diversité biologique qui lui est propre. « Chaque grain de sable a son propre poids et le mélanger avec un autre matériau nuit à la nature homogène de la plage […] La poussière de marbre ou de quartz brouille les eaux, affecte sa transparence et d’autres de ses caractéristiques comme la transmission lumineuse. C’est également nocif pour les organismes multicellulaires qui ont besoin d’une grande quantité de lumière », explique Uğur Sunlu.

Depuis une semaine, les propriétaires de sept hôtels, d’une plage privée et de trois appartements en copropriété ont été condamnés par les autorités locales à retirer le faux sable blanc le long du littoral. Ils se voient également condamner à payer des amendes « salées ».

1 Comment

  1. Philippe GAJERO

    Bonjour,

    Je souhaiterais partager avec des amis turc votre article « Des plages artificielles de sable blanc, un désastre pour l’écosystème » malheureusement concernés par la situation préoccupante du Lac Salda.
    J’ai recherché en vain cette information sur le site Internet de Demirören Haber Ajansi mais ne l’ai malheureusement pas trouvé.

    Auriez-vous l’obligeance de me donner le lien (en langue turque) de l’interview du professeur Uğur Sunlu de l’Université de l’Égée donné le 11 juin à l’Agence DHA?

    Un très grand merci d’avance.

    Philippe GAJERO
    Habite à Söke / Aydın

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