Politique

Descente de police infructueuse dans des écoles soupçonnées d’évasion fiscale

Les autorités ont inspectés ce mercredi 13 août 8 institutions scolaires et centres de préparation aux universités appartenant aux Établissements éducatifs Erişen à Çanakkale dans la région de Marmara.

dershane

Le but des autorités était semble-t-il de donner une bonne leçon. Reste à savoir laquelle, tant les raisons des opérations qui ont frappé les huit établissements concernés, de l’école primaire de Gökkuşağı aux centres de préparations à l’université d’Anafen, demeurent obscures. A partir de dénonciations anonymes faisant état d’évasion fiscale de la part de l’entreprise, les forces de l’ordre ont inspecté simultanément tous les établissements scolaires, huit heures durant. Sans résultat à la clef, le registre officiel de procédure faisant état d’une« absence de preuve criminelle ».

Un résultat décevant au vu des efforts fournis. La police était en effet accompagnée d’une véritable armée d’inspecteurs en tout genre. Impôts, comptabilité, incendie, sécurité sociale, urbanisme, environnement, alimentation et élevage. Voici la liste impressionnante des services d’inspection présents sur les lieux. Tout est passé au peigne fin, de la présence des dates de naissance et de décès de Mustafa Kemal au dessous de ses portraits, à la taille des portes et des murs ainsi que la bonne mise en conformité des panneaux « interdiction de fumée ».

Tensions et intimidations

Une intervention qui aurait pu être un simple voyage au pays d’Ubu, s’il ne cachait pas une évidente tentative d’intimidation. La tension était d’ailleurs palpable. Personne, pas même le directeur de Erişen Private Education Social Services, Hasan Hüseyin Maltepe, n’a pu pénétrer les locaux pendant le temps de l’inspection. Un journaliste de l’agence Cihan News a même déclaré s’être fait insulter par des policiers. Dans un communiqué, le conseil d’administration des établissements éducatifs Erişen a déclaré vouloir entamer une action en justice contre le gouvernement, dénonçant « une campagne de diffamation contre l’entreprise et sa marque (…) en plein milieu de la période d’inscription. »

yakamoz

Cette descente de police contre une compagnie privée d’éducation n’est pas un acte isolé, d’autres cas sont à déplorer dans tout le pays. Ainsi à Gümüşhane, dans le nord, le centre social de Yakamoz a été inspecté par une vingtaine de policiers. Raison invoquée : des femmes y auraient trouvé refuge entre 2010 et 2011. Dans la province d’Erzurum, les établissements éducatifs d’Aziziye ont reçu la visite de pas moins de six agences gouvernementales différentes dans la journée.

Si les causes des opérations restent donc obscures, il faut rappeler qu’en 2014, le Premier ministre d’alors, Recep Tayyip Erdoğan avait tenté, sans succès, de fermer les dershane, des écoles privées de cours du soir. Il avançait alors qu’elles étaient trop inégalitaires tandis que d’autres dénonçaient une tentative de réduire l’influence de Fethullah Gülen -ancien allié du président turc et aujourd’hui un de ses plus virulents opposants- beaucoup de ces dershane lui appartenant.

Antoine Rolland

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