International, Politique

Deux femmes en compétition pour la Mairie de Paris

Candidates à la mairie de ParisLes 23 et 30 mars 2014 prochains auront lieu les élections municipales en France. Pour la Mairie de Paris, deux femmes sont en lice pour succéder au maire socialiste Bertrand Delanoë : Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo. Retour sur deux fortes personnalités qui s’affrontent dans une campagne pleine de rebondissements.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les parcours personnels et politiques de Nathalie Kosciusko-Morizet et d’Anne Hidalgo sont fondamentalement divergents, ce qui fait de ces femmes deux candidates aux atouts pertinents pour la Mairie de Paris.
Nathalie Kosciusko-Morizet, dite « NKM », est une Parisienne de souche, née dans le 15e arrondissement. Elle grandit dans la banlieue de Sèvres, mais sa famille vit dans la capitale depuis des générations, argument qu’elle n’hésite pas à employer au service de sa campagne.
Anne Hidalgo, quant à elle, est originaire de la ville de Cadix, en Andalousie en Espagne et arrive à Lyon alors qu’elle n’a que 2 ans. Elle emménage dans le 15e arrondissement de Paris en 1984 pour son premier poste d’inspectrice du travail et dit se sentir « Parisienne dans l’âme, bien que née ailleurs » sur son site Internet de campagne.
Les deux femmes poursuivent deux chemins bien distincts au cours de leurs études. Alors que la candidate UMP intègre la prestigieuse école d’ingénieurs Polytechnique et se spécialise dans les questions environnementales, sa rivale socialiste s’oriente vers des études en droit du travail à l’université, obtient une maîtrise de sciences sociales, avant d’arriver 5e au concours des inspecteurs du travail.

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP

Après quelques années à travailler dans le secteur privé, NKM décide de s’engager en politique et devient jeune députée dans l’Essonne à l’âge de 29 ans. Convaincue que l’environnement est « l’enjeu majeur du XXIe siècle », comme elle l’affirme sur son site internet de campagne, elle occupe différents postes au sein de l’UMP en charge notamment des questions sanitaires et environnementales. Nathalie Kosciusko-Morizet entre au gouvernement en juin 2007 en tant que secrétaire d’État chargée de l’écologie auprès de Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Écologie. Lors du remaniement ministériel en novembre 2010, elle devient elle-même ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, poste qu’elle occupera jusqu’à la défaite de Nicolas Sarkozy, dont elle fût le porte-parole de campagne, en mai 2012.

A l’âge de 35 ans, Anne Hidalgo quant à elle, adhère au Parti Socialiste pour suivre ses convictions citoyennes, alors qu’elle continue parallèlement sa carrière d’inspectrice du travail. A partir de 1997 et jusqu’en 2002, elle travaille dans trois cabinets ministériels, notamment en tant que conseillère auprès de Martine Aubry, alors ministre de l’Emploi et de la Solidarité Nationale. Hidalgo est nommée 1ère adjointe chargée de l’égalité entre hommes et femmes et du Bureau des Temps alors que Bertrand Delanoë vient d’être élu maire de Paris en mars 2001. Elle s’engage à faciliter le quotidien des Parisiennes jonglant entre vie professionnelle et personnelle, cause qui lui tient particulièrement à cœur. En 2008, elle sera réélue 1ère adjointe pour la ville de Paris, cette fois-ci chargée de l’urbanisme et de l’architecture.

Anne Hidalgo, candidate PS

Anne Hidalgo, candidate PS

Alors que les élections municipales approchent, la compétition fait rage entre NKM et Hidalgo, éclipsant les autres « petits » candidats. La candidate socialiste s’est présentée pour la Mairie de Paris dès septembre 2012, dans une volonté de succéder à Bertrand Delanoë avec qui elle a travaillé durant treize années. Elle bénéficie du soutien absolu de l’ancien maire qui la qualifie comme étant son « héritière » -terme qui ne manque pas de provoquer les tacles de sa rivale qui remet en cause la légitimité de sa candidature. Anne Hidalgo mise sur le rassemblement de son parti, soutenu également par le PCF pour ces élections, à l’inverse du parti UMP dont elle a dénoncé le manque d’unité lors de primaires mouvementées que Nathalie Kosciusko-Morizet a remportées le 3 juin 2013. Dans l’optique de rallier la capitale à la droite, l’ancienne ministre écologique a lancé une grande opération de communication, notamment via les réseaux sociaux comme Twitter où elle est très active et suivie. A travers son projet de proximité « NKM près de chez-vous », elle improvise des rencontres avec son électorat parisien dans tous les quartiers, autour d’un « pot convivial ». NKM se veut surtout une candidate proche des Parisiens et du peuple, montrant une image moderne de l’UMP à cette ville de tendance socialiste. Ses déclarations au sujet du métro qu’elle qualifie de « lieu de charme », sa transformation physique -cheveux lâches remplaçant son habituel chignon, style vestimentaire décontracté- ainsi que la photo polémique de la candidate fumant une cigarette dans la rue en compagnie de sans-abris, provoquent les railleries de l’opposition et les débats entre les médias qui la qualifient de « bobo ». Parallèlement, Anne Hidalgo a fondé l’association « Oser Paris » et a lancé un comité de soutien le 14 janvier, réunissant près d’un millier de noms, dont ceux de nombreux artistes et intellectuels. Cette liste est par ailleurs vivement critiquée par la candidate UMP qui l’accuse d’avoir monnayé l’appui de ces personnes par des subventions. Si elle ne se fait pas autant remarquer que cette dernière au niveau des médias, Hidalgo est une candidate qui agit au cœur de la ville et est appréciée pour sa communication plus discrète mais tout aussi efficace auprès des Parisiens. Les priorités de la candidate socialiste concernent la création de nombreux logements sociaux et l’aménagement d’espaces verts. NKM axe sa campagne sur la sécurité, vis-à-vis de la population Rom notamment, en plus de son projet insolite de réaménagement des stations de métro « fantômes » en boîtes de nuit et restaurants.

Le premier débat télévisé entre les candidats à la Mairie de Paris, dont Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo, a eu lieu ce 29 janvier 2014, et a clairement donné le ton de cette campagne municipale, axée principalement sur le duel entre les deux femmes. La majorité des sondages publiés jusqu’à ce jour placent Hidalgo en tête du scrutin, cependant la candidate UMP renforce de plus en plus sa position, ce qui pourrait faire la différence. Une course pour la capitale qui restera donc tumultueuse jusqu’aux élections.

Julie Delaporte

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *