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Deux grandes expositions dénonçant « la signature humaine » organisées au Canada

Dans le cadre de l’ « Anthropocene project », le Musée des beaux-arts de l’Ontario et le Musée des beaux-arts du Canada présenteront à l’automne « Anthropocène » ; une exposition d’art contemporain consacrée à l’impact de l’activité humaine sur notre planète.

À travers différents formats et moyens, tels que le cinéma, la photographie et les nouvelles technologies, le Musée des beaux-arts de l’Ontario et l’Institut canadien de la photographie du Musée des beaux-arts du Canada présenteront conjointement « Anthropocène », une exposition co-produite avec la Fondation MAST, de Bologne, en Italie.

Ce projet multidisciplinaire, organisé par le photographe canadien Edward Burtynsky et les réalisateurs Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier, sera présenté simultanément à Toronto et Ottawa à partir de septembre 2018 jusqu’au début de l’année 2019.

Mais au fait, « Anthropocène », qu’est-ce que ça signifie ?

Mot complexe et barbare, à la consonance presque anxiogène, sa définition l’est tout autant. Selon les spécialistes, il renvoie à l’extinction de la période « Holocène ». Certes.

L’étymologie peut nous aider à comprendre ce concept. Ce mot vient du grec ancien « anthropos » signifiant « être humain » et « kainos » qui fait référence à une nouvelle époque géologique ; par syllogisme, le terme renvoie à l’idée de « l’époque humaine ». De manière plus scientifique, il désigne le changement de l’ère géologique, l’extinction de « l’holocène », entrainant l’entrée dans l’ère « Antropocène ».

Et de là, tout bascule. L’Homme aurait pris le pouvoir sur la nature et la contrôlerait de sa main pas toujours bienveillante. Il n’est plus le spectateur de forces qui le dépassent, mais l’acteur principal des évolutions géologiques. L’Homme prédominerait sur le système naturel et terrestre.

Dénoncer la main de l’Homme par l’art

C’est ce que les artistes Burtynsky, Baichwal et Pencier appellent la « signature humaine » sur la planète et souhaitent, avec cette exposition, en dénoncer les méfaits. Ces trois artistes qui sont, selon Marc Mayer, directeur général du Musée des beaux-arts du Canada, « à l’avant-garde de leur pratique respective » veulent sensibiliser le public sur l’impact de la main de l’Homme sur la nature.

Pour cela, ils ont misé sur « une grande force visuelle » et il sera difficile pour les visiteurs de rester insensible face à ces images, car rien n’a été laissé au hasard.

D’abord, de par le talent, si ce n’est le génie des artistes reconnus internationalement pour leur art. Le photographe Edward Burtynsky a été lauréat 2018 du prestigieux « Prix Photo London Master of Photography Award ». Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier ont été quant à eux récompensés par le prix du meilleur film canadien 2014 et le prix du meilleur documentaire 2014 pour leur film Watermark.

Mais également, de par le format des œuvres. Sur le site du Musée des beaux-arts du Canada que seront exposées « des murales réalisées en haute définition grâce à des technologies de pointe » qui «  proposeront des expériences visuelles spectaculaires : d’une dimension d’environ 7,6 m de large sur 3,7 m de haut ». Le site indique que « ces murales permettront au public de saisir dans les moindres détails l’impact des modifications humaines sur la Terre ». De plus, « l’exposition comportera également plusieurs installations vidéo haute définition attestant de la progression de l’influence humaine. (..) Grâce à la réalité́ augmentée, les visiteurs pourront également s’immerger dans des lieux et des activités avec lesquels nous partageons tous un lien ou une responsabilité́, mais qui nous sont invisibles ».

Les visiteurs ne pourront donc pas rester impassibles devant ces œuvres captivantes et telle est précisément la volonté d’Edward Burtynsky pour qui le changement passe d’abord par la prise de conscience de la réalité du monde dans lequel nous vivons. Avec ses photographies poignantes et saisissantes, cet écologiste engagé et révolté veut marquer durablement les consciences, pas simplement dénoncer, mais responsabiliser le public.

Marc Mayer, directeur général du Musée des beaux-arts du Canada, a souligné que « cette exposition témoigne du pouvoir de l’art à nous mobiliser autour de questions d’une brûlante actualité, tant d’un point de vue esthétique qu’intellectuel. »

Pour plus de détails : #AnthropoceneProject

« Anthropocene » sera présenté au Musée des beaux-arts du Canada et à celui d’Ontario afin de sensibiliser un large public. « Seules certaines pièces majeures seront visibles dans les deux institutions », d’après le site du Musée des beaux-arts du Canada.

L’exposition ouvrira simultanément à Ottowa et Toronto le vendredi 28 septembre 2018 et se terminera le 24 février 2019.

Marie Boyenval

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