International, Politique, Société

Deux médias pour deux secteurs

Le mouvement des gilets jaunes se poursuit depuis mi-octobre et les chaines d’informations n’ont cessé de le critiquer. Passant une grande partie de mon temps à écouter les informations, j’ai malheureusement constaté que le discours envers ce mouvement de contestation était toujours le même.

Les participants aux débats organisés sur ces chaines ainsi que les journalistes qui touchent un salaire à quatre zéros critiquent sans arrêt les smicards qui perçoivent 1 204 euros par mois quand ils peuvent travailler à temps plein, c’est-à-dire 151,67 heures par mois. Les protestations continuent depuis plus de dix semaines. Chaque samedi de manifestation, les commentateurs semblent espérer toujours plus la fin de ce mouvement historique.

J’ai décidément des difficultés à comprendre ce phénomène de commentaires et de positions semblables destinés à critiquer continuellement la manifestation. C’est très étrange d’autant plus qu’il semble y avoir deux visions différentes de la part des médias, selon s’ils sont dans le secteur public ou privé !

Le 12 janvier dernier, je suis tombé par hasard sur l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché, sur France 2. C’est après avoir écouté Christine Angot que j’ai commencé à me poser de sérieuses questions. Il y a de véritables contradictions entre toutes ces chaines d’informations et France 2. En effet, par rapport aux chaines privées, la chaîne publique pense et interprète très différemment les événements.

Par ailleurs, journalistes, chroniqueurs et invités des chaines privées cherchent et pointent l’affiliation politique des manifestants tout en martelant l’idée que l’on glisse dans le populisme. Mais, que les gens votent à gauche ou à droite, ne restent-ils pas avant tout des citoyens français ?

Enfin, à la cinquième semaine de manifestation, en décembre dernier, Amnesty International dénonçait déjà l’« usage excessif de la force » par la police. Selon les chiffres officiels cités par Amnesty International, 1 407 manifestants ont été blessés, dont 46 grièvement, depuis le 17 novembre (date du début de la mobilisation). L’organisation relève en outre que 717 policiers, gendarmes et pompiers ont été victimes de violences. Plusieurs plaintes ont été déposées en réaction aux violences des forces de l’ordre qui ont visé les manifestants à plusieurs reprises, notamment par des tirs de flash-balls.

Aujourd’hui, on parle de dizaines de manifestants qui ont perdu l’usage d’un œil. C’est un peu trop ! Mais, bonne nouvelle, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé que les forces de l’ordre munies de lanceurs de balle de défense (LBD) seraient équipées d’une caméra-piéton dès l’acte XI de la mobilisation.

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Je vous propose trois livres très intéressants ce mois-ci à lire :

1 – Behrooz Moazami, İran’da Devlet, Din ve Devrim ; 1796’dan Bugüne, İletişim Yayınları,

2 – Zeynep Göğüş, ık Ülkesinden, Everest Yayınları,

3 – Frederick Kempe, Berlin 1961, Doğan Kitap.

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