Politique

Devlet Bahçeli : « Donnez-nous Bilal et prenez le gouvernement »

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Alors que la Turquie attend toujours de connaître son 63ème gouvernement, les politiciens ne cessent de donner des informations contradictoires quant aux modalités et aux issues possibles des négociations.

Dimanche dernier, le dirigeant du MHP Devlet Bahçeli a dit lors d’un meeting entre cadres du parti : « Nous ne sommes pas fermés à la discussion. Il y a des choix possibles… Il y a des gens qui veulent que nous soyons dans le gouvernement pour éviter le massacre des nationalistes, mais nous n’abandonnerons pas nos principes pour cela. Ils veulent que nous formions une coalition avec l’AKP, mais que ferons-nous concernant les enquêtes de corruption du 17 décembre et du 25 décembre [2013] ? ». Selon le quotidien Hürriyet Daily News, le politicien aurait ajouté :  « Donnez-nous Bilal et prenez le gouvernement ».

Bilal Erdoğan

Bilal Erdoğan

Ce n’est pas la première fois que le leader du Parti d’action nationaliste revient sur le scandale de 2013 dans lequel Bilal Erdoğan, le fils du président, a été impliqué. Accusé de corruption au même titre que 95 autres suspects, il a finalement été sorti d’affaire de 1er septembre 2014 lorsqu’un non-lieu a été déclaré par le procureur.

Bahçeli a déclaré que son parti ne pouvait « faire abstraction » de ces malversations, et avait bien l’intention de « demander des comptes » aux présumés responsables. Sa condition à la formation d’une coalition avec l’AKP est donc la reprise de ces enquêtes de corruption. Au vu des retombées que cela pourrait avoir pour son fils, il est peu probable qu’Erdoğan accède à sa demande ; les négociations entre les partis élus à l’Assemblée ne semblent donc pas près d’avancer.

Pourtant, chez l’AKP, on entend d’autres sons de cloche : son vice-président Numan Kurtulmuş, qui est également le vice-premier ministre, a déclaré à la télévision : « la façon dont vont être formées les coalitions pourrait être décidée par un dialogue entre les partis politiques. Notre président va en donner le devoir à notre premier ministre ». Un processus très simple, à l’entendre. Alors qu’Erdoğan a clairement menacé d’un retour aux urnes en cas d’échec des négociations, Kurtulmuş a également assuré que ce dernier avait toujours été contre la tenue de secondes élections : l’incertitude reste donc entière.

Victoria Coste

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