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Donald Trump ou quand la vulgarité n’a pas de limite

Donald Trump n’en finira donc jamais avec ses propos outranciers ? À un mois de l’élection américaine, le candidat républicain fait de nouveau les manchettes après la révélation de propos dégradants envers la gent féminine.2016-10-08-23-05-07Vendredi 7 octobre, le candidat républicain à la Maison-Blanche s’est retrouvé dans une position inconfortable alors qu’une vidéo datant de 2005 a été dévoilée au public par le Washington Post et NBC News. On y entend Donald Trump tenir des propos on ne peut plus dégradants sur les femmes alors qu’il s’entretient avec un présentateur de télévision : « Quand t’es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire […] Je suis automatiquement attiré par les belles… je les embrasse tout de suite, comme un aimant. Je les embrasse, je n’attends même pas ». Si cela vous semble encore « léger », attendez la suite. Sans retenue, sans classe, il avance ensuite qu’il peut « attraper [ces femmes] par le sexe ». Comme si cela ne suffisait pas, une autre vidéo est sortie des cartons peu de temps après où il évoque notamment les fesses de sa propre fille…

La situation est telle que Trump a dû présenter à deux reprises ses excuses – une première pour le candidat républicain. Il s’est justifié lamentablement en expliquant que « c’était des plaisanteries de vestiaire, une conversation privée il y a des années. Bill Clinton m’a dit des choses bien pires sur des terrains de golf, sans comparaison. Je m’excuse auprès de tous ceux qui sont blessés ».

N’ayant pas convaincu, il s’est excusé de nouveau le soir même. En effet, dans une vidéo postée sur sa page Facebook, il a stipulé : « Je n’ai jamais dit que j’étais une personne parfaite, ni prétendu être une autre personne que moi-même. J’ai dit et fait des choses que je regrette, et les paroles diffusées aujourd’hui dans cette vidéo vieille de plus de dix ans en font partie. Ceux qui me connaissent savent que ces paroles ne reflètent pas qui je suis. Je l’ai dit : j’avais tort et je m’excuse ». Mais, encore une fois, Donald Trump n’a pas pu s’empêcher d’en profiter pour s’attaquer à son adversaire, Hillary Clinton, en ajoutant : « J’ai dit des choses bêtes, mais il existe une grande différence entre les mots et les actes d’autres gens. Bill Clinton a réellement maltraité des femmes, et Hillary a harcelé, attaqué, humilié et intimidé ses victimes. Nous en parlerons dans les prochains jours. »

Et en effet, le sujet risque d’être abordé dès aujourd’hui puisque ce soir nous assisterons au second débat pour la présidentielle américaine. Une nouvelle confrontation qui semble être mal engagée pour Donald Trump alors qu’il a déjà eu du mal à garder la tête hors de l’eau lors du premier débat présidentiel le 26 septembre dernier.

Quant à ses excuses, elles ne semblent pas suffire au sein même de son propre parti. Les ténors du parti républicain commencent à perdre patience et soutiennent de moins en moins leur candidat dont ils ont condamné les propos. Son propre colistier, Mike Pence, a lui aussi désapprouvé les propos de Donald Trump : « En tant qu’époux et père, j’ai été outré par les propos et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo […] je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre ».

Pire, d’anciens candidats à la présidentielle américaine, dont le sénateur John McCain, très influent dans le parti républicain, mais aussi Condoleezza Rice, l’ancienne secrétaire d’État de George W. Bush, ont demandé samedi à Donald Trump de se retirer de la course à la Maison-Blanche.

Mais cela serait mal connaître le personnage ! N’ayant aucun panache, ce dernier a martelé qu’il était tout bonnement hors de question qu’il quitte la course à la présidence. Dans le Wall Street Journal, le candidat républicain a maintenu qu’il y avait « zéro chance » qu’il abandonne le navire : « jamais au grand jamais je n’abandonnerai ».

En finira-t-on jamais avec ce grossier personnage ? Il semble que ce n’est pas demain la veille puisque le candidat en question est bien déterminé à finir la course, mais aussi car le règlement du parti ne prévoit pas la possibilité d’un retrait à l’élection présidentielle d’un candidat… Il faut dire que, de mémoire d’homme, on n’a pas souvenir d’un candidat à la présidentielle américaine qui enchaine autant les polémiques et les propos outranciers.

Camille Saulas

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