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Ebola : Le ZMapp pourrait changer la donne

L’épidémie d’Ebola qui ravage l’Afrique de l’Ouest depuis plusieurs mois continue son avancée tragique. Alors que la présence de l’Ebola a été confirmée en République Démocratique du Congo dimanche 22 août, étendant ainsi un peu plus sa zone de contamination, un espoir semble être né aux Etats-Unis. Jeudi 21 août, les deux américains atteints par Ebola, Kent Brantly et Nancy Writebol, sont sortis guéris de l’hôpital d’Atlanta. Le traitement expérimental ZMapp qu’ils ont reçus, autorisé par l’OMS, a donc porté ses fruits, laissant planer l’espoir d’un remède pour sortir de cette crise sans précédent.

Ebola

Le dernier bilan de l’OMS, arrêté au 20 août 2014, fait état de 1427 morts sur 2615 cas atteints de l’Ebola. Des chiffres qui ne cessent de croitre depuis le début de l’été dans les quatre pays les plus touchés par le virus, à savoir le Libéria, la Guinée, la Sierra Léone et le Nigéria. Jusque là, la seule arme des médecins était de lutter contre les symptômes de la maladie. Il s’agissait donc principalement de s’attaquer à la fièvre et à la diarrhée en réhydratant constamment les patients, notamment par des transfusions sanguines. L’idée n’était bien sûr pas de retarder l’échéance fatale, mais d’espérer que l’organisme du malade finisse par développer un anticorps capable de rejeter le virus. Une telle prise en charge n’empêche pas les risques de mortalité de varier entre 25 et 90 %.

Pour plus d’information sur Ebola lire notre article : « Ebola: l’Hydre africain progresse »

Suite à la contamination du missionnaire Kent Brantly et de Nancy Writebol, deux ressortissants américains rapatriés fin juillet aux Etats-Unis, un traitement expérimental, le ZMapp a été autorisé par l’OMS pour s’occuper des deux malades. Ce traitement, qui avait déjà fonctionné sur huit macaques, s’est avéré efficace jeudi 21 août, bien qu’il n’ait pas passé tous les tests cliniques. L’espoir est grand donc, mais reste hypothétique. Brantly avait également subit une transfusion d’un enfant de 14 ans ayant survécu au virus, peu avant d’être rapatrié. Les raisons de leur guérison restent donc encore incertaines, et les effets secondaires du traitement ne sont pas encore clairement déterminés.

Ebola

Kent Brantly et Nancy Writebol

Ceci étant, toute la cargaison de vaccins ZMapp a été envoyée au Libéria pour tenter de contenir l’expansion du virus. Le pari est peut-être dangereux, mais la course à la montre des chercheurs rend cet envoi inévitable. Sylvain Baize de l’Institut Pasteur avoue l’incertitude dans laquelle évolue la communauté scientifique dans cette recherche effrénée d’un remède contre Ebola. Autre point positif, il semblerait selon lui qu’Ebola ne puisse être contracté deux fois par un même patient, du moins si il s’agit de la même souche. L’épidémie actuelle concerne la souche “Zaïre” devenue la plus meurtrière avec les récents événements. Seulement il en existe quatre autres pouvant toucher des patients ayant déjà contracté la première.

Il n’est pas difficile de comprendre l’urgence de la situation et le besoin imminent de trouver un remède sûr et efficace. Le ZMapp, bien qu’il n’ait pas encore subi tous les tests nécessaires à sa reconnaissance officielle, semble ouvrir la voie vers une sortie de cette crise épidémique. Reste à savoir dans quelle mesure le ZMapp pourra être produit et envoyé dans les pays touchés par le virus, et si il suffira pour éteindre l’incendie Ebola. Des inquiétudes subsistent, surtout sachant qu’un médecin de l’OMS est mort hier malgré le traitement.

Benjamin Delille

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