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Ece Dorsay : la perle d’Istanbul, entre puissance et mélancolie

Ece Dorsay, « Ecedorsay » sur les réseaux sociaux, est une jeune et talentueuse artiste turque, venue tout droit d’Istanbul. Autodidacte dans le domaine de la musique, elle écrit et interprète ses morceaux avec autant de fougue que de légèreté. Entre l’indie, le folk, le rock et le blues avec une empreinte de funky et de jazz, Ece Dorsay exprime ses émotions « platoniques et mélancoliques ». Ses musiques sont disponibles en ligne sur toutes les plateformes : Itunes, Spotify, Deezer, Youtube et Amazonmusic. Elle aurait adoré pouvoir les publier sous le format CD ou cassette, mais le fait que son public y accède immédiatement en ligne est plus pertinent en ces temps modernes.

Les débuts d’Ece Dorsay

Ece Dorsay a commencé la guitare à l’âge de 13-14 ans en écrivant sa première musique en anglais, Someone Like You, qui évoque « l’amour et l’âme ». Elle nous explique avec fierté l’origine de ce morceau : un de ses amis d’une école de guitare a chanté, puis elle a poursuivi. Et sa voix sonnait, de manière surprenante, plus puissante et avec plus de caractère. La première musique qu’elle a enregistrée est What the hell is going on ?! : « J’étais énervée et frustrée du manque de profondeur des relations et des personnes. Un jour, lors de ma première année à l’université Boğaziçi, je suis rentrée à la maison et j’ai soudainement chanté cette chanson pour la première fois. Elle est dans mon dernier album ».

Depuis, ses chansons sont le fruit de son imagination : elle a quatre albums à son actif. Il lui arrive de chanter des covers qu’elle publie en ligne sur YouTube. Lorsque nous lui demandons quels sont les chanteurs qui l’ont influencée, Ece Dorsay nous cite les sentiments que Tracy Chapman partage, ainsi qu’Ani Difranco, Marcus Miller et Patti Smith, pour la basse. Elle insiste sur le fait qu’elle écrit surtout avec l’aide de son intuition.

En effet, elle a appris la guitare en autodidacte dès son plus jeune âge puis a suivi des leçons privées. En 2003, elle a étudié à Londres pendant un semestre. Ce qui la différencie alors de ses camarades est son goût particulier pour la « technique polyvalente » et l’apprentissage autodidacte : « J’ai appris le “slap” à partir de DVDs à l’école London Bass pendant que d’autres étudiants étudiaient des notes et des onglets plus conventionnels ».

Son inspiration et sa personnalité, moteurs de sa réussite

Ce qui l’inspire dans la vie de tous les jours est principalement ses « sentiments platoniques et mélancoliques pour les femmes, les hommes », ainsi que sa « frustration envers le système et le manque de profondeur du monde ». Pourtant, Ece Dorsay se sent plus efficace lorsqu’elle est heureuse et énergique. Elle ressent que ses musiques sont plus profondes après « un bon été ou après une peine d’amour ».

Bien qu’elle réussisse merveilleusement, elle nous raconte qu’« il est dur pour une femme qui sort de l’ordinaire d’être comprise en Turquie ». De plus, le commerce de la musique est selon elle très « uniforme » et « il donne seulement la chance de réussir aux personnes qui se conforment à ces règles du commerce ». Dès lors, elle a prouvé au monde son succès.

En 1997, Ece Dorsay investit la culture française avec son premier groupe de musique. Ensuite, elle est présente au festival de musique de la chaîne de musique française Mcm à Galatasaray. Elle pétille d’ailleurs en nous décrivant cette expérience : « Avant moi est passé un groupe de musique de heavy métal. La foule criait mon nom “Je t’aime Ece” ! C’était fou ». Enfin, en 2000, elle reçoit de très bons commentaires dans le magazine British Guitarist pour sa première démonstration. Cette même année, elle est invitée à chanter avec le groupe de musique hip-hop canadien Soma Sonic, un projet encore en suspens.

Sa playlist

Nous avons été curieux de savoir quelles sont les chansons qu’Ece Dorsay écoute ces derniers temps. Bien que très occupée à travailler sur ses musiques, elle ne se lasse pas du « très talentueux Jacob Collier et de ses arrangements acoustiques intimistes » ni de certains lives d’Ed Sheeran. Ses marches quotidiennes sont accompagnées de musiques pop.

Deux albums ont bouleversé sa vie : Scoundrel days de A-ha et Achtung Baby de U2. « Quand j’étais enfant, nous écoutions Scoundrel Days. C’était la première cassette que nous avions achetée. C’était un rêve, un album épique de mon enfance qui m’a poussée à écouter de la pop et du rock de bonne qualité. Quant à Achtung Baby, c’était un album profond et spirituel qui a bouleversé mon adolescence ». C’est donc sans surprise qu’elle rêve de faire un duo avec Bono de U2…

« Les gens modernes étaient déjà en confinement à cause des technologies digitales et d’internet »

Le nom de son dernier album est Unpublished Demos 99 – 2004 qui, en raison de la situation causée par la pandémie, comprend 31 de ses anciennes démos. Elle enregistre aussi de nouvelles chansons en anglais.

Lorsque nous évoquons le sujet de la pandémie et de ce qu’elle pense de l’impact qu’a eu la musique en cette période, elle nous répond : « Je pense que les performances live d’Instagram sont un bon moyen pour lier les gens, mais je sais que les personnes modernes étaient déjà en confinement à cause des technologies digitales et d’internet ». Ece Dorsay est une artiste qui se décrit « socialement malheureuse », mais qui vit avec l’espoir du fait de la liberté d’enregistrer et de publier sa propre musique. Son objectif est de voyager et de jouer devant un public international.

Son plus : L’empreinte de la culture française

Plus jeune, Ece Dorsay a étudié au lycée Notre Dame de Sion, à Istanbul. Elle a produit par la suite des covers de Patricia Kaas, de Joe Dassin, et de Michel Fugain qui sont disponibles sur sa chaîne YouTube, et en live durant ses concerts. Elle « aime la manière dont les Français voient la romance et la vie en général. Tellement passionnés ». Cette façon de voir la vie l’a changée : « J’en suis devenue d’autant plus romantique, révolutionnaire et passionnée ». Son expression favorite dans la langue française ? Je t’aime. « C’est intense ».

Anaëlle Barthel

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