Culture

Efterklang + Tatu Rönkkö = ambiance magnétique au Salon IKSV

Quand le groupe danois Efterklang et le percussionniste finnois Tatu Rönkkö se rencontrent et décident de s’unir sous un nouveau nom, cela donne Liima. Après une résidence d’une semaine à Istanbul au Salon IKSV, les trois membres d’Efterklang (Casper Clausen, Rasmus Stolberg, Mads Brauer) et Tatu Rönkkö ont le week-end dernier offert au public deux concerts. 

liima1-520x290

Quand l’électronique envoûte

Casper, le chanteur aux allures de dandy, coiffé de IMG_0758son panama de feutre, fait figure de leader sur scène. Il remercie le public en anglais, mais aussi en turc grâce aux quelques mots appris durant cette semaine de création stambouliote qu’il qualifie de « géniale ». L’ambiance de cette petite salle se prête tout à fait à la personnalité intimiste et indé du groupe. La lumière tantôt bleue, tantôt rose, se diffuse sur la scène et sur le public, colorant les visages et les pieds qui se baladent dans le vide depuis la balustrade à l’étage. Ce concert fait partie de ces moments précieux, où l’esprit vagabonde, où le corps oublie toute notion de géographie. La voix de Casper Clausen semble venir de très loin, d’un paysage où la neige aurait tout recouvert. La réverbération y est sans doute pour quelque chose. La tension et le son montent doucement, électrisent la salle, les machines s’accordent à la voix. Ou peut-être est-ce l’inverse. La boite à rythme de Tatu Rönkkö, la basse de Rasmus, les machines de Mads, la voix et le clavier de Casper : un univers cohérent mais décalé, entre beats compulsifs et sonorités oscillants entre plusieurs mondes, de la jungle à la ville, du mystique au jouissif. Comme le veut la tradition du live, les quatre musiciens reviennent à deux reprises sur scène. Pour de nouveaux morceaux planants et des tourbillons de lumières blanches qui nous laissent difficilement revenir à la réalité.

Plus électronique, moins pop qu’Efterklang (groupe par ailleurs difficile à ranger dans une case précise), mais toujours aussi expérimentale, cette nouvelle formation séduit autant par sa sympathie que par son talent. Elle sera prochainement de retour sur scène à Berlin (28.01), puis à Aarhus (30.01) et Aalborg (31.01) au Danemark. Le prochain rendez-vous du Salon IKSV donne quant à lui la part belle à la musique turque, puisqu’il s’agira d’un concert de l’influent Arif Sağ, chanteur et joueur de saz (luth à manche long), le 17 janvier prochain.

Adèle Binaisse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *