Politique

Elections du président du Parlement : de ballotage en ballotage

Malgré la tenue de deux scrutins hier à Ankara, en vue d’élire le président du Parlement, les représentants des quatre premiers partis de Turquie n’ont pu être départagés. Il faudra attendre les résultats d’un troisième tour, ce mercredi 1er juillet, avant de savoir qui de l’AKP, du CHP, du MHP ou du HDP présidera cet hyper-Parlement, où tant de partis cohabitent depuis les dernières élections générales.

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De gauche à droite : Deniz Baykal (CHP), Dengir mir mehmet fırat (HDP), Ismet Yılmaz (AKP) et Ekmeleddin İhsanoğlu (MHP).

Une majorité aux deux tiers était nécessaire à l’un des candidats afin d’être élu, soit 367 votes sur 550 suffrages exprimés par l’ensemble des députés. Aucun des quatre partis en lice n’ayant pu enregistrer un tel score, ce troisième tour s’effectuera à la majorité absolue, exigeant un minimum de 276 voix. Dans le cas où ce troisième tour ne permettrait pas de dégager une majorité absolue, un quatrième serait organisé à la majorité simple, sans limite de votes. Le président du Parlement enfin élu, le délai imparti aux forces en présence pour former un gouvernement de coalition pourra officiellement commencer.

L’AKP vainqueur à la majorité simple aux deux premiers tours

Il est fort à parier que l’AKP, représenté par İsmet Yılmaz, actuel ministre de la Défense, pourrait remporter la présidence de l’assemblée ; mais pas avant un quatrième tour. En effet, avec un total de 258 voix exprimées pour le parti présidentiel au premier tour, puis 256 au second, le ministre de la Défense fédère un nombre insuffisant de députés autour de lui pour une majorité aux deux tiers et une majorité absolue. Une victoire du parti lors du troisième tour de cet après-midi est donc exclue.

Le CHP s’est quant à lui illustré second de ces deux premiers tours, avec respectivement 125, puis 134 voix à son actif. Le MHP [parti nationaliste] et le HDP [parti pro-kurde] récoltant un score égal lors des deux étapes avec 81 puis 80 sièges chacun.

À noter que ce troisième tour revêtira un caractère éliminatoire. Dans l’impossibilité pour l’un des partis de composer avec une majorité absolue à 276 voix, le quatrième tour opposera en effet les candidats ayant finis aux deux premières places à l’issue de ce troisième tour.

Un duel incertain

L’éventualité d’un duel AKP-CHP semble donc la plus probable. Du reste, l’issue de cet affrontement demeure toujours incertaine ; le jeu des alliances étant ce qu’il est : un non-dit, un revirement de dernière minute qui se jouera à bulletin secret, et bien hardi celui qui y miserait sa main avant l’annonce des résultats. Dans l’absence totale d’accords entre les partis minoritaires à l’assemblée [MHP ; HDP] et leurs concurrents arrivés en tête de liste [AKP ; CHP], les paris restent ouverts.

Tablant sur la forte probabilité d’un quatrième tour, İsmet Yılmaz avait quant à lui rendu visite aux deux partis lors de la journée de samedi, soulignant la nécessité d’un compromis, s’entretenant dans un premier temps avec le leader du MHP Devlet Bahçeli avant de rencontrer le coprésident du parti pro-kurde Selahattin Demirtaş. Néanmoins, aucun de ces partis n’avait affiché son soutien à l’AKP à l’issue des visites du ministre, non plus qu’au CHP, dont le candidat Deniz Baykal a récemment adressé une lettre ouverte à l’ensemble des 550 députés siégeant au parlement.

Si la perte de vitesse de l’AKP lors des élections générales avait témoigné d’un net changement de cap dans les affaires politiques turques (le parti présidentiel perdant sa majorité absolue pour la première fois depuis 12 ans), l’avenir de cette nouvelle Turquie multipartite reste plus que jamais incertain.

 

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