International, Politique

Élections européennes : Le RN en tête des estimations

Du 23 au 26 mai, les Européens étaient appelés aux urnes pour renouveler leurs eurodéputés. 47 millions de Français se sont quant à eux rendus dans les bureaux de vote de l’Hexagone – parfois en trainant des pieds — le 26 mai après plusieurs semaines d’un débat sans fond et éclipsé par les enjeux nationaux.

34 listes, 74 sièges – 79 quand le Brexit sera effectif – sur 751 au Parlement européen, un débat atone et sans fond, mais aussi une campagne qui, pourtant cruciale pour l’UE et son avenir, n’a jamais décollé tout en tournant autour de sujets purement nationaux. Pire, la campagne s’est enfoncée dans une confrontation binaire entre « nationalistes » et « progressistes », entre « eurosceptiques » et « europhiles », avec un Rassemblement National (RN) et une République En Marche ! (LRM) pressés d’en découdre, de revivre un second tour de la présidentielle de 2017 et d’éclipser les 32 autres listes sans penser que les électeurs français méritaient davantage. Le choix était loin d’être binaire, mais, coincés dans le piège d’un vote « utile » – dramatisé par LRM – ou d’un scrutin en forme de référendum national – « contre » Macron, comme le martelaient si bien les affiches de M. Bardella et de son acolyte Marine Le Pen –, nous venons tristement d’assister à une percée inquiétante des nationalistes.

On pensait que ces élections n’enthousiasmeraient personne. Pourtant, force est de constater que le taux de participation est plus élevé qu’à l’accoutumée : 51,3 % (42,43 % en 2014). Néanmoins, le taux d’abstention reste élevé au vu des enjeux et il semble que dans l’isoloir certains enjeux cruciaux aient été relégués en seconde place au profit du pouvoir d’achat, de l’immigration – sans réelle européanisation de ces deux questions – et d’une image fantasmée de « grandeur » de la France.

Ironiquement, c’est ainsi que cette « grandeur » s’est vue sérieusement mise à mal, le RN étant aujourd’hui le premier parti de France (23,2 %), tandis que la liste Renaissance (LRM) conduite par Mme Loiseau – qui n’a pas aidé du fait de sa piètre campagne et des polémiques qui n’ont cessé de l’émailler – est reléguée en seconde position (21,9 %).

La stratégie de rempart de LRM et du RN aura eu raison des autres partis. Empêchant l’émergence d’une troisième liste, on retrouve, loin derrière, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Yannick Jadot (12,8 %) qui, sans dépasser son score de 2009 (16 %), surpasse néanmoins sans difficulté Les Républicains (LR), menés par Xavier Bellamy, qui n’ont pas réussi à consolider le cœur de leur électorat (8,3 %).

Du côté de la gauche morcelée, l’éparpillement aura eu raison de La France Insoumise (LFI) qui n’égale en rien son score à la dernière présidentielle (6,7 %), tandis que le mouvement Génération. s de Benoît Hamon semble définitivement enterré (3,4 %). Du côté du PS-Place publique (6,7 %), mené par Raphaël Glucksmann et soutenu à bout de bras par les ténors socialistes, c’est un « ouf » de soulagement alors que certaines estimations pointaient le risque qu’aucun de ses représentants ne siège à Bruxelles.

Camille Saulas

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