International, Politique, Société

France : Élections municipales, la débâcle du PS.

Le réveil est difficile ce matin pour les socialistes. Leur défaite aux élections municipales est cuisante. Manque de leadership, de projet clair et clairement énoncé, un chômage qui ne cesse d’augmenter, une croissance en berne… Les électeurs semblent avoir sanctionné la politique menée depuis deux ans par le chef de l’Etat et son gouvernement.

Elections municipales 30 mars 2014

En ce lendemain d’élections municipales, la sanction est sévère pour le président Hollande et son gouvernement. Les électeurs de gauche, particulièrement socialistes ne se sont pas mobilisés et c’est ainsi que la gauche perd 155 villes de plus de 9000 habitants. Des villes traditionnellement socialistes comme Reims, Saint-Etienne, Pau, Angers, Belfort sont perdues. Symbole de la défaite cuisante du Parti Socialiste, Limoges, bastion de la gauche (communiste et socialiste) depuis 1912 bascule à droite. Toulouse, quatrième ville de France conquise par la gauche en 2008 revient également à droite. A Marseille, Jean-Claude Gaudin, âgé de 74 ans s’apprête à briguer un quatrième mandat. Jean-François Copé, le président de l’UMP évoque une « vague bleue » pour la droite et considère que son parti est désormais le premier parti de France.

Le désaveu infligé aux socialistes tourne à l’avantage du Front national. Le parti dirigé par Marine Le Pen remporte ainsi une dizaine de – petites – villes et deux villes moyennes : Béziers et Fréjus.

L’UMP ne perd que quatre villes au profit du PS : Douai, Lourdes, Verdun et Avignon remportée par la socialiste Cécile Helle.

Dans cette débâcle, le PS conserve, malgré tout, certaines villes. A Paris, la socialiste Anne Hidalgo distance Nathalie Kosciusko-Morizet de 10 points sur l’ensemble de la capitale. Roland Ries conserve la mairie de Strasbourg, de même que Martine Aubry à Lille. Cependant, cette dernière  devrait perdre la tête de la métropole lilloise puisque deux autres grandes villes de la métropole, Roubaix et Tourcoing, basculent à droite. Il en est de même pour le socialiste Gérard Collomb qui bien que réélu à Lyon, n’est pas assuré d’emporter la présidence du Grand Lyon. La future métropole du Grand Paris échappe également à la gauche, de même que Aix-Marseille ou encore Bordeaux. A noter également, la victoire du candidat Europe Écologie-Les Verts, Eric Piolle, à Grenoble.

Mais la grande gagnante de ces élections semble avant tout être l’abstention qui atteint près de 37%. A travers ces élections municipales, c’est la politique de l’exécutif qui est sanctionnée. Un remaniement ministériel dont on parle déjà depuis plusieurs semaines devrait donc avoir lieu très prochainement. Le premier ministre sera-t-il reconduit avec une équipe remaniée ? Donnera-t-il sa démission? On évoque les noms de Manuel Valls, Bertrand Delanoë, désormais en congé de la mairie de Paris ou encore celui du président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone. Mais avant tout, c’est un changement de cap gouvernemental qui semble nécessaire. A la gauche du PS et chez les écologistes, on souhaite que le président diffère ou abandonne la mise en œuvre de son pacte de responsabilité ainsi que son programme de désendettement et d’économies budgétaires d’un montant de cinquante milliards d’euros sur les trois prochaines années.

Dans son éditorial, Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l’Humanité évoque l’importance pour la gauche de « retrouver les valeurs de solidarité, d’égalité et de justice que la politique gouvernementale a abandonnées et que l’électorat populaire attend malgré la profondeur de son désenchantement ».

Claire Corrion

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *