Politique

Élections législatives : pour un scrutin transparent

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Dimanche prochain se tiendront les élections législatives qui détermineront si Erdoğan pourra ou non modifier la Constitution afin d’élargir encore son champ d’action en tant que président. Pour cet évènement crucial, des instances de contrôle ont été réquisitionnées.

Après-demain, certains partis d’opposition pourraient bien passer le barrage des 10% et ainsi siéger à l’Assemblée nationale turque avec l’AKP : une raison de plus de s’assurer que les élections seront transparentes. C’est le rôle que se sont donné plusieurs institutions, dont certaines d’entres elles résultent d’une initiative citoyenne. C’est le cas de Oy ve Ötesi (« le vote et au-delà ») ; son porte-parole Sercan Çelebi a déclaré que 60 000 observateurs volontaires officieraient dans 171 circonscriptions de 45 provinces. Il a expliqué : « Nous menons nos travaux sous les principes de l’impartialité,de l’indépendance et de l’autorité de la loi. Nous avons divisé le procédé des élections en deux. Le vote, le compte des voix et leur enregistrement dans les rapports constituent la première étape. La seconde étape est de coupler les rapports et d’entrer les résultats du scrutin dans le système ». Il a souligné que l’organisation n’avait pas pour vocation d’annoncer les résultats, et se contenterait, en cas de problème, de le signaler aux institutions compétentes ».

La « Plateforme des votes de Turquie » (Türkiye’nin Oyları Platformu) fait également appel à des volontaires. Elle collabore avec différents groupes tels que Atatürkçü Düşünce Derneği (Association de la pensée kemaliste), Demokratik ve Güvenli Seçim Girişimi (Initiative d’une élection démocratique et sûre), Union des chambres des ingénieurs et architectes turcs (TMMOB) et Association médicale turque (TTB). Sa représentante Işık Sedef Gürbüz indique : « Nous ne formons pas un camp. Nous travaillons à ce que chacun des votes des citoyens soit refleté dans les résultats du scrutin. Lorsqu’un vote se perd, cela veut dire que votre droit de vous exprimer vous a été volé ». Pour ces élections, les observateurs de l’organisation seront présents dans 65 provinces tandis que 1500 analystes seront là pour intenter des actions légales en cas d’irrégularité ; pendant 36h, ils compareront les rapports des observateurs avec les registres en utilisant le SEÇSİS, système informatisé du registre central des électeurs.

Enfin, l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) exercera elle aussi un contrôle sur ces élections au moyen de 18 observateurs à long terme. Un communiqué affirme que « Les observateurs vont suivre l’inscription des candidats, leurs activités de campagne, le travail de l’administration et des instances étatiques responsable des élections, l’application du cadre législatif, et la résolution des litiges électoraux ».

Des mesures nécessaires dans le contexte d’un scrutin aux enjeux immenses : dimanche, l’AKP pourrait bien, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2002, devoir partager l’AN.

Victoria Coste

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