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Emmanuel Macron, huitième Président de la Ve République

Voilà une semaine qu’Emmanuel Macron a été élu. Après une semaine chargée et une course aux législatives qui a débuté sur les chapeaux de roues, le Président élu a été investi dimanche 14 mai. Retour sur une semaine mouvementée et l’investiture d’Emmanuel Macron.

Course aux législatives

À peine élu, le nouveau Président a dû vite redescendre sur terre et s’atteler à la tâche. Mais, dans ce marathon qui a débuté dès lundi, c’est aussi son mouvement politique, devenu La République en marche (LRM), et sa commission d’investiture qui ont planché sur les nominations des candidats sous la bannière de la majorité présidentielle en vue des législatives les 11 et 18 juin prochain.

Jeudi 11 mai, LRM a présenté une liste de 428 candidats – sur 577 circonscriptions – qui seront investis sous l’étiquette LRM. Si des « bugs informatiques » auraient engendré au moins quatorze erreurs dans cette liste est le signe d’un manque d’expérience dans l’exercice, il faut tout de même souligner des surprises et de bons points.

Emmanuel Macron devait ici botter en touche et sa commission d’investiture ne pouvait pas se tromper… Les législatives sont cruciales pour que celui-ci obtienne une majorité législative et puisse mettre son projet de « transformation » de la France. Pour cela, il devait convaincre et surtout traduire concrètement ce qu’il avait promis sur le papier, notamment en terme de renouvellement et de parité.

Or, 52% des personnes investies proviennent de la société civile, 50 % des potentiels députés sont des femmes et 95% des candidats ne font pas partie des députés sortants, assurant ainsi – du moins en partie – la promesse d’Emmanuel Macron d’amorcer un renouvellement politique.

Néanmoins, les candidats socialistes sont nombreux et une vingtaine de députés sortants font partie du lot. Cette liste reflète de véritables calculs politiques, un phénomène que voulait éviter Emmanuel Macron qui commence à réaliser que, sans stratégie, il n’y a pas de politique.

Ainsi, cette liste n’a pas fait le bonheur de tous. Bien au contraire… Si Gaspard Gantzer, le conseiller communication de François Hollande, a finalement annoncé vendredi 12 mai qu’il renonçait à se présenter sous l’étiquette LRM dans la deuxième circonscription d’Ille-et-Vilaine, certains n’auraient pas refusé sa place.

François Bayrou s’est senti spolié. Dénonçant une « opération recyclage du Parti socialiste », il estimait jeudi 11 mai qu’Emmanuel Macron n’avait pas respecté leur accord quant aux circonscriptions, condition imposée pour le ralliement du MoDem le 22 février dernier. M. Bayrou, estimant qu’il a eu son rôle dans la victoire d’Emmanuel Macron, aurait aimé qu’on lui rende la monnaie de sa pièce avec 120 candidats du MoDem pour les législatives, mais Emmanuel Macron n’en propose que 35… Samedi, il semblerait qu’un accord ait finalement été trouvé entre LRM et le MoDem, mais celui-ci n’a pas encore été validé par la commission d’investiture.

Quant à Emmanuel Valls, il est à moitié humilié. Après lui avoir refusé de se présenter aux législatives sous l’étiquette d’une future majorité présidentielle, La République en marche a tout de même accepté qu’il n’y ait pas candidat LRM en face de lui dans sa circonscription.

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Retournements de vestes et opportunisme politique  

La droite et la gauche sont en miettes. Lors de l’entre-deux-tours, on entendait de tout bord que le mort d’ordre était le « rassemblement ». Force est de constater que le navire a vite changé de cap à la suite des résultats du second tour. Ils feront tout pour garder le pouvoir, mais ceci se fait dans la cacophonie. La droite est scindée en deux et le PS s’approcher inévitablement du leader de la France insoumise.

S’il manque encore 149 candidats dans la liste d’investiture aux législatives sous l’étiquette du mouvement d’Emmanuel Macron, ce n’est pas une surprise. Si certaines circonscriptions n’auront pas de candidats LRM, certains politiciens de droite – Lemairistes et juppéistes -, estimant que leur ralliement avait pour condition le choix d’un Premier ministre venant de leur camp politique, attendent encore que soit prononcé le nom du prochain locataire de Matignon. Par ailleurs, le nouveau Président espère que certains de ses anciens collègues de gauche – dont Marisol Touraine ou encore Myriam El Khomri –  s’inscrivent dans la majorité présidentielle.

Investiture

Si ces tractations politiciennes sont loin d’être terminées, les choses devraient s’accélérer maintenant qu’a eu lieu la passation des pouvoirs entre Emmanuel Macron et le Président sortant, François Hollande.

À 10h, Emmanuel Macron est arrivé à l’Élysée, comme le veut la tradition, à bord d’une Renault Espace blindée. Il a été reçu par François Hollande sur le perron qu’il connaît si bien. Les deux hommes se sont alors entretenus une heure dans le Salon d’or – le bureau présidentiel, au premier étage – afin d’échanger notamment les codes d’accès nucléaires et autres informations importants et secrets d’État.

À 10h30, François Hollande, accompagné par son successeur – qu’il a applaudi – jusqu’à sa voiture, a quitté définitivement ce qui fut son domicile durant cinq ans avec les honneurs de la Garde républicaine avant de se rendre rue de Solférino où se trouve le siège du Parti socialiste.

Puis, le début de la cérémonie d’investiture a débuté à proprement parler. Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, a proclamé les résultats officiels, avant d’évoquer un « homme de notre temps », et une campagne « chamboule-tout ».  

Puis le huitième président de la Ve république a reçu les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur, et c’est dans la salle des fêtes de l’Élysée qu’Emmanuel Macron a signé le procès-verbal d’investiture. Dès lors, le transfert des pouvoirs fut achevé, Emmanuel Macron commence officiellement son mandat et a reçu, comme à l’accoutumée, les honneurs militaires.

Ce dernier a alors prononcé son premier discours en tant que Président élu, reprenant ses grands engagements pour ce nouveau quinquennat qui s’amorce : « Je ne céderai sur rien des engagements pris vis-à-vis des Français. Le travail  sera libéré, les entreprises seront soutenues, la création et l’innovation seront au cœur de mon action. Nous avons besoin d’une Europe plus efficace, plus démocratique, plus politique , car elle est l’instrument de notre puissance et de notre souveraineté. J’y œuvrerai. »

Après la revue des troupes républicaines, les 21 coups de canon sont tirés Place des Invalides, Emmanuel Macron a endossé définitivement son costume de Président.

S’en est suivi la descente des Champs-Elysées aux alentours de midi jusqu’à l’Arc de Triomphe – à bord d’une DS7 Crossback puis à pied – pour y raviver la flamme du Soldat inconnu. Mais il a aussi tenu à rendre hommage au policier Xavier Jugelé, tué le 20 mars dernier, sur les lieux du drame. Il a enfin été au chevet de trois soldats blessés en opération au Mali et en Afghanistan à l’hôtel militaire Percy de Clamart (Hauts-de-Seine).

Enfin, le nouveau chef de l’État a rencontré Anne Hidalgo, à l’Hôtel de Ville de Paris où une nouvelle cérémonie s’est tenue en présence de près de 800 invités.

S’achève ainsi une semaine mouvementée où le nouveau Président a déstabilisé les partis traditionnels. Un véritable branle-bas de combat qui se termine avec une passation des pouvoirs qu’il voulait « simple » et « réservée », mais en présence de ses proches et de quelques prix Nobels français.

Pas encore de Premier ministre, mais quelques noms dévoilés

Emmanuel Macron n’a pas encore dévoilé le nom tant attendu de son Premier ministre qui reflètera ou non ce renouvellement et ce rassemblement que le nouveau Président désire tant.

Néanmoins, les premiers noms de son équipe ont été dévoilés. Parmi eux, des proches du nouveau Président. L’équipe de campagne a notamment annoncé au Monde qu’Alexis Kolher, énarque de 44 ans et conseiller spécial d’Emmanuel Macron sur les questions économiques pendant la campagne, devient le nouveau secrétaire général de l’Élysée. Quant au directeur de cabinet, ce sera Patrick Strzoda, lui aussi énarque ainsi que préfet. Le poste stratégique et crucial de conseiller diplomatique revient à Philippe Étienne, polyglotte et à l’expérience internationale. Enfin, Ismaël Emelien, bras droit d’Emmanuel Macron lors de la campagne, est devenu le Conseiller spécial d’Emmanuel Macron.

Camille Saulas.

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