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Emmanuel Macron, Président de la République : Retour sur les résultats

Après des mois d’une campagne violente faite de scandales et deux semaines d’entre-deux-tours de bassesses et de confrontations, la France a finalement un nouveau président de la République : Emmanuel Macron. Les lumières ne se sont donc pas encore éteintes en France.Dimanche 7 mai a marqué la fin d’une campagne tout bonnement inédite. Jamais un parti d’extrême droite ne s’était retrouvé au second tour en face d’un parti fraichement sorti des cartons et non traditionnel. Jamais la gauche et la droite – les Républicains et le Parti socialiste – n’avaient été rejetées de cette façon. Jamais le pays n’a été aussi déchiré.

Si cette campagne et l’arrivée au second tour de Marine Le Pen n’ont suscité que peu d’émotions – exceptées de la colère et de la résignation – et de sentiments de révoltes chez les électeurs français, force est de constater que dès le premier tour de cette élection hors norme, nous savions que la France n’aurait plus jamais le même visage.

À campagne violente, mesures de sécurité drastiques.

Dans un contexte d’État d’urgence et en raison de la tension qui plane en France depuis de trop nombreux mois, ce n’est pas moins de 50.000 policiers et gendarmes supplémentaires qui ont été déployés sur l’ensemble du territoire dimanche 7 mai. Des forces armées qui s’ajoutent aux 7.000 militaires de l’opération Sentinelle mise en place à la suite des attentats de janvier 2015.

Dès 8h20, soit après que les résultats aient été dévoilés, afin de ne pas faire face à des vagues de violences et aux débordements dans les grandes agglomérations, des patrouilles et des unités statiques de policiers ont été mobilisées, dont 12.000 policiers et militaires dans la capitale…

Un climat anxiogène qui s’est fait ressentir jusque dans les bureaux de vote d’Istanbul où Aujourd’hui La Turquie était présent. En effet, notre directeur de publication s’est vu interdire son droit, en tant que journaliste, de prendre des photos dans le lieu public qu’était le bureau de vote où la rédaction était présente dans le cadre de la couverture des élections présidentielles françaises. Une interdiction émise par le président du bureau de vote et qui viole l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme ainsi que l’article 19 du Pacte international des droits civils et politiques de 1966

Une tension qui n’est plus qu’à moitié latente et qui aura définitivement marqué cette élection…

Un pari sur l’avenir

Dès samedi 6 mai, les 1,3 million d’électeurs des territoires ultramarins et ceux installés hors des frontières françaises se sont rendus aux urnes pour élire le nouveau Président de la République. Dans la métropole, les 69.245 bureaux de vote ont ouvert dès 8 heures.

Après une longue journée, c’est à 20h que le couperet est tombé, que le visage du gagnant de cette joute est finalement apparu sur nos écrans. Celui qui fut l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande a finalement gagné son pari en remportant 66,1 % des suffrages face à la candidate frontiste qui a 33,9 % des voix.

La victoire est sans appel pour les Français qui résident en Turquie. Les électeurs appelés aux urnes dans la circonscription consulaire d’Istanbul (deux bureaux de vote à Istanbul et un à Izmir) ont crédité le fondateur d’En Marche ! de 94,05% des voix (5,95% pour Marine Le Pen).

Ce visage est aujourd’hui celui d’un Président jeune – malgré ses tournures de phrases et expressions venues d’un autre temps -, à peine 39 ans et voilà qu’il dirigera désormais la France. La passation de pouvoir entre François Hollande et le plus jeune président de la Ve République devrait avoir lieu le 14 mai prochain.

Un vote de dépit

Finalement, les Français ont choisi la solidarité et l’amour plutôt que la haine et le rejet, l’Europe face à l’isolationnisme, la liberté et non l’oppression et le sectarisme. Les citoyens ont choisi la France des Lumières, la France des droits de l’Homme, la France de Pasteur, de Victor Hugo, celle de Jean-Jaurès, de Montesquieu …

Mais, face à une campagne détestable, devant des candidats que la France ne méritait pas, le pays n’a eu d’autre choix que de choisir le candidat « de la finance ». Le taux de participation à 17h est d’ailleurs significatif sur ce point : 65,30% de participation, soit le pourcentage le plus faible depuis 1981. S’il était alors difficile de savoir si ce chiffre s’expliquait par la pétition qui a circulé sur les médias sociaux appelant à voter après 17h pour « faire en sorte que notre opposition soit entendue et comptabilisée à travers les différents niveaux d’abstention au cours de la journée », il n’en reste pas moins qu’à 19h15 l’abstention est estimée à 25,3%, une première depuis 1969. La situation est pire en Turquie : 63,03 % d’abstention… Force est de constater qu’une partie de la France, notamment ceux qui ont voté J-L. Mélanchon au premier tour de la présidentielle, ne croient plus en la politique.

Car oui, la France a évité de peu l’extrême droite. Mais, il n’en reste pas moins que nous sommes loin d’être en présence d’un vote d’adhésion. La victoire d’Emmanuel Macron, il la doit au refus des Français de se faire diriger par une femme qui s’est montrée si agressive – une de ses nombreuses caractéristiques – au débat de l’entre-deux-tours.

M. Macron présidera la France, mais pourra-t-il la diriger ?

Emmanuel Macron a remporté la bataille, mais n’a pas gagné la guerre. De nombreux points d’interrogation subsistent ce soir.

En premier lieu, personne ne sait encore qui sera le Premier ministre même si le nouveau Président a annoncé qu’il hésitait « entre un homme et une femme ». La personne qui se trouvera à Matignon devrait être nommé mi-mai, un choix crucial pour le futur du gouvernement français.

En réalité, le plus dur est à venir pour M. Macron qui doit aujourd’hui rassembler une France morcelée. Il faudra convaincre, convaincre cette France des « oubliés », ceux qui se sont tournés vers les extrêmes pour faire entendre leurs voix.

Ainsi, le véritable combat commence lundi avec les législatives ! M. Macron n’a fait que la moitié du chemin. Pour pouvoir diriger la France, et non pas seulement la présider, le nouveau président français devra avoir le soutien du Parlement. A cet effet, les votes du 11 et 18 juin seront cruciaux.

Pour l’heure, le Président fête sa victoire sur l’esplanade du Louvres … Demain, les choses sérieuses commencent et les prochains jours seront déterminants pour le quinquennat de M. Macron qui s’avère déterminant pour mettre en échec durablement la haine et l’intolérance.

Camille Saulas

2 Comments

  1. Vive la France, vive la population, vive Manu 🙂

  2. je suis venu 400 km.de edremit votez pour lui a taksim istanbul malheuresment je n’etais pas sur la liste.domage mais par la ceur j’ai votez pur lui.

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