Politique

Emmanuel Macron se lance officiellement dans la campagne présidentielle

Mercredi 16 novembre, l’ancien ministre de l’Économie a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2017.
15970890126_0cd8b077bb_bDepuis son départ du gouvernement en août 2016 et le lancement en avril dernier de son mouvement En Marche !, on attendait qu’Emmanuel Macron annonce enfin officiellement son intention de se présenter en tant que candidat à l’élection présidentielle de l’année prochaine. C’est chose faite.

Mercredi 16 novembre, l’ancien ministre de l’Économie a annoncé sa candidature à Bobigny (Seine-Saint-Denis) dans un centre d’apprentissage. Durant son discours d’une vingtaine de minutes, M. Macron a fustigé le déroulement de la campagne présidentielle française qui ne fait que renforcer les antagonismes et a dénoncé les « blocages » qui paralysent le pays. Pour le candidat : «  Le système a cessé de protéger ceux qu’il devait protéger ». Il dénonce ainsi une classe politique « qui vit pour elle-même, plus préoccupée par sa survie que par les intérêts du pays ».

L’homme de 38 ans espère incarner l’espoir, mais aussi la jeunesse et désire représenter les valeurs qui unissent tous les Français : « Mon objectif n’est pas de rassembler  la droite ou de rassembler la gauche, mais de rassembler les Français ».

Lors d’une interview sur France 2, l’ancien banquier d’affaires a par ailleurs démenti les dires des hollandistes qui croient que si François Hollande devenait candidat à la prochaine élection, il se retirerait pour se rallier à l’actuel Président français, assurant que sa décision était « irrévocable ». Selon ses propres propos: « Quand on prend ce type de décision, c’est une décision mûrement réfléchie ». Il a aussi tenu à préciser que sa démarche ne devait pas être interprétée comme une candidature de ralliement : « Si j’avais voulu me rallier,  je n’aurais pas fait depuis plusieurs mois les choix qui ont été les miens ».

Emmanuel Macron est donc désormais en lice pour la course à la présidentielle sous la bannière du mouvement politique qu’il a fondé : En marche ! Une décision qui lui a valu les foudres des candidats à la primaire de la droite, mais aussi celle de Manuel Valls. Il faut bien dire que les deux hommes ont toujours été à couteaux tirés. Le Premier ministre, qui espère lui aussi devenir le prochain président français, n’a donc pas raté cette occasion pour critiquer M. Macron. Le jour même de l’annonce de son ancien ministre, l’hôte de Matignon, alors en déplacement à Cergy-Pontoise (Île-de-France) a pointé du doigt l’inexpérience de celui qu’il perçoit comme un rival : « Il faut de l’expérience, une expérience qui a été éprouvée par le temps ».

Mais ce serait mal connaitre Emmanuel Macron que de penser que celui-ci n’est pas conscient que son peu d’expérience – il a commencé sa carrière politique il y a cinq ans – pourrait le desservir. L’ancien ministre de l’Économie compte bien prouver qu’il a toutes les qualités nécessaires pour exercer les plus hautes fonctions de l’État et veut démontrer que son « background », bien différent des hommes et femmes politiques français, pourrait au contraire être un atout. Car c’est finalement le fait qu’il ne soit pas issu de la classe politique traditionnelle française qui pourrait bien séduire les Français et faire la différence. N’oublions pas non plus que M. Macron est très populaire, surtout chez les jeunes, et a 50% d’opinions favorables ! Un chiffre qu’il compte bien améliorer afin de ratisser large, à droite comme à gauche, de séduire ceux qui ne sont pas encore convaincus par sa capacité à diriger la France, mais aussi ces citoyens qui ne se reconnaissent dans aucun parti politique, soit environ 30% des Français.

Il faut donc s’attendre à voir M. Macron partout et l’entendre plus que jamais. Il a d’ailleurs l’intention d’entreprendre une tournée en France et à l’étranger. Il a déjà prévu de se rendre à Marseille jeudi 17 et vendredi 18 novembre afin de couper l’herbe sous le pied au FN. Le candidat devrait aussi se rendre outre-mer, notamment aux Antilles, ainsi qu’à New York en décembre, en Allemagne et surement au Maroc, en Algérie et à Israël.

Camille Saulas

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