Environnement, santé, Société

En 2050, il y aura plus de plastiques que de poissons dans les mers turques

Jetés à la mer, les déchets plastiques endommagent l’écosystème maritime mondial. Un phénomène auquel n’échappe pas la Turquie. Au vu de la prolifération des microplastiques dans les mers, les experts ont prévenu que ces petites particules de matière plastique prendront d’ici 2050 davantage de place que les poissons dans les mers turques. 

Un risque pour la santé de tous

Ingérés par les poissons et autres animaux marins — et à terme par les consommateurs —, les microplastiques nuisent en premier lieu à la biodiversité maritime en causant l’intoxication, voire la mort, de nombreuses créatures marines. 

Si les océans regorgent — au minimum — de 5,2 billions de morceaux de microplastique, une récente étude révèle que les « hotspots » pourraient contenir 1,9 million de particules de microplastique par mètre carré. 

La Turquie s’enfonce dans la pollution plastique

Selon un rapport publié par le Fonds mondial pour la nature (WWF) en juin 2019, la Turquie est le pays qui jette le plus de déchets plastiques en mer Méditerranée. Selon l’association environnementale, ce n’est pas moins de 144 tonnes de plastique qui sont jetées dans la mer en Turquie. Juste derrière, on retrouve l’Espagne (126 tonnes), tandis que l’Italie ne jetterait « que » 90 tonnes de plastique dans la Méditerranée. 

Selon Aslı Başaran, une universitaire de l’université d’Ege, « la consommation de plastique a beaucoup augmenté ces dernières années (en Turquie) et nous avons commencé à voir des matériaux solides appelés “déchets marins” lors de recherches menées sur les côtes turques. » 

Soulignant qu’il existe des matériaux tels que du verre, du bois et de l’aluminium dans ces « déchets marins », l’universitaire explique que ces déchets sont brisés en petits morceaux avec le temps et par la puissance des ondes, mais que ces minuscules particules nuisent à la vie marine. En effet, « les morceaux de plastique occupent beaucoup d’espace dans l’estomac des animaux marins. Pensant qu’ils n’ont pas faim, ils meurent par manque de nutriments. » 

Par ailleurs, la Turquie étant le premier importateur de déchets venant des pays européens — 48 500 tonnes par mois en 2019 contre 4 000 tonnes par mois en 2016 —, les mers ainsi que les zones agricoles en pâtissent, selon Sedat Gündoğdu de l’université de Çukurova. Ce dernier insiste sur le fait que l’importation de déchets européens sous le nom de matières premières menace sérieusement l’environnement et la santé humaine. 

En 2018, la Fondation turque pour la recherche maritime (TÜDAV) indiquait que la Turquie faisait partie des 20 pays responsables de 83 % de la mauvaise gestion des déchets plastiques dans le monde. La pollution microplastique en milieu marin ne cessant d’augmenter (20 % de plus chaque année), la Turquie et les autres pays sur la scène internationale doivent absolument trouver une solution à ce problème et mettre en place davantage de contrôle des déchets. 

Natasha Voase

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