Economie, International, Politique, Société

En cette matinée du 8 octobre

Cette année, les membres de l’OCDE, rejoints par l’Union européenne en sa qualité de participante à part entière, ont fêté le 60e anniversaire de l’organisation. « Nous partageons une communauté de vues et un engagement envers la préservation des libertés individuelles, les valeurs de la démocratie, l’État de droit et la défense des droits humains », a déclaré cette organisation mondiale qui étudie les marchés économiques de 34 pays, dont la Turquie qui est l’un de ses membres fondateurs depuis 1961.

D’après l’OCDE, son objectif principal est de soutenir les principes d’une économie de marché ouverte et transparente. Guidés par la Convention relative à l’OCDE, ses pays membres disent employer des méthodes pour avancer sur la voie d’une croissance économique durable et de l’emploi, tout en protégeant la planète. L’organisation s’efforcerait donc de mettre fin à la pauvreté, de lutter contre les inégalités et de ne laisser personne de côté. Elle voudrait améliorer la vie et les perspectives de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’OCDE. En sa qualité d’éclaireur à l’échelle mondiale, l’OCDE continue à produire des analyses soutenues par des données factuelles venant nourrir l’élaboration de politiques et de normes innovantes destinées à bâtir des économies plus fortes, plus durables et plus inclusives, le tout en suscitant la confiance dans des sociétés résilientes, réactives et en bonne santé.

Ce mois-ci, j’ai donc décidé d’aller à la rencontre d’un personnage qui œuvre au sein de cet organisme et qui est en lien avec la Turquie. Dans la matinée du 8 octobre, j’ai rendu visite au Professeur Kerem Alkin, le Représentant permanent de la Turquie auprès de l’OCDE, dans son bureau à Paris. C’est un nom que nos lecteurs connaissent. Ses articles et interviews ont été publiés à plusieurs reprises dans notre journal. M. l’Ambassadeur Kerem Alkin est non seulement bien informé, mais est également courtois et moderne. Cet universitaire et chercheur qui s’intéresse également au journalisme est chroniqueur pour le journal Sabah. Il enseigne également dans plusieurs universités et il a occupé différents postes d’administrateur dans divers établissements d’éducation supérieure.

Pendant que nous buvions notre thé, je lui ai demandé comment il avait été nommé à ce poste auprès de l’OCDE. Il m’a expliqué en détail le processus et s’est également déclaré étonné de sa nomination : « J’étais en train de donner une conférence de doctorat lorsque la représentation permanente de notre ministère des Affaires étrangères m’a annoncé ma nomination. J’ai été surpris et excité par cette nouvelle. C’était significatif pour moi, car j’étudiais alors les domaines de l’OCDE depuis 30 ans. Sans compter que c’est stimulant sur le plan diplomatique. Quant au programme spécial de six semaines du ministère des Affaires étrangères, cela m’a permis d’obtenir des réponses à mes interrogations. C’est avec honneur que je représente mon pays à Paris où je suis arrivé avec ma femme le 12 mars, en pleine crise sanitaire. »

Le professeur Alkin, qui m’a expliqué l’état actuel de l’ordre économique dans le monde comme s’il donnait une conférence, n’a cessé de souligner que tout était en train de changer. J’ai alors réalisé qu’il scrutait de près les changements mondiaux et les développements technologiques. Il m’a expliqué qu’il était nécessaire de se conformer aux nouvelles règles mondiales et que ceux qui ne peuvent pas suivre ce nouvel ordre périront immédiatement. Ces nouvelles règles relèvent de trois catégories : la numérisation, la mobilité (communiquer n’importe où et n’importe quand) et la durabilité. Selon l’Ambassadeur, une grande implication intellectuelle est indispensable sur ces sujets. Malheureusement, n’ayant pas assez de place dans ces colonnes pour entrer davantage dans les détails, je vous invite à lire les articles de M. l’Ambassadeur pour en apprendre plus sur ces règles. 

Le professeur a profité de notre entretien pour mentionner l’inflation des prix de l’énergie, déclarant que nous traversions une période de développements « très difficiles » en ce qui concerne la « sécurité d’approvisionnement énergétique » et les prix de l’énergie. « Ce n’est qu’entre août et septembre que les prix du gaz naturel ont augmenté de 40 % en Europe. Cela signifie que si le prix du gaz naturel par mégawattheure n’était que de 20 dollars début 2021, il s’élève aujourd’hui à 160 dollars et le prix de 1 000 mètres cubes de gaz naturel atteint 1700 euros. La hausse des prix du gaz fait s’envoler aussi les prix des engrais, mettant les agriculteurs en difficulté et démontrant l’urgence à réduire notre dépendance aux engrais azotés de synthèse pour préserver notre sécurité alimentaire. En effet, le prix du gaz a augmenté de 300 % par rapport au début de l’année 2021, cela avant même d’entrer en période hivernale. »

Évoquons désormais son parcours. Membre du conseil d’administration de Halk Bank, le Prof. Alkin est également un ancien membre du conseil d’administration du Turkey Wealth Fund.

Né en 1965 à Istanbul et académicien depuis 33 ans, M. l’Ambassadeur a commencé sa carrière universitaire à l’Université d’Istanbul en 1987 où il a travaillé au sein de la Faculté d’économie pendant 14 ans. Il a également exercé à l’Université de commerce d’Istanbul pendant plus de 13 ans. Par ailleurs, le Prof. Emre Alkin a exercé de nombreuses fonctions administratives. De mars 2014 à mars 2015, il a été recteur de l’université de Nişantaşı où il a également enseigné pendant plusieurs années. Il fut conférencier à la Faculté des sciences commerciales et de gestion de l’Université Medipol d’Istanbul. De plus, il a participé à la création de trois chaînes de télévision et a été le rédacteur en chef de la chaîne Bloomberg HT pendant trois ans. Entre 2018 et 2020, le Prof. Alkin a été secrétaire général de l’Assemblée des exportateurs turcs. Il est aujourd’hui le président de la Renewable Energy Research Association et le secrétaire général de l’International Competition Research Association. Outre son implication au sein de l’Académie turque des sciences, il a joué un rôle actif dans de nombreuses organisations scientifiques à travers l’Europe.

Au bout de deux heures de conversation passionnante, nous sommes finalement arrivés à la fin de notre entretien qui a marqué son départ pour l’une des vingt réunions auxquelles il participe chaque semaine. Avant de m’éclipser, j’ai désiré recueillir ses derniers mots. M. l’Ambassadeur a alors souligné que nous devrions donner la priorité à la science et à la technologie, à l’éducation, à l’art et à la culture, ainsi qu’à la lutte contre la pauvreté, aux problèmes environnementaux et aux droits de l’Homme.

Dr. Hüseyin Latif, directeur de publication

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