Politique, Société

En Espagne, Podemos bouscule l’échiquier politique

Qu’ont l’Espagne et la Grèce en commun ? Les deux pays ont connu des régimes autoritaires jusqu’aux années soixante-dix et sont les seuls de l’Union européenne à faire confiance à la gauche radicale aujourd’hui. En Grèce, Syriza a été porté au gouvernement tandis qu’en Espagne, le parti anti-austérité Podemos, issu du mouvement des Indignés, a gagné des voix au sein du Parlement.

podemos

Le 26 juin prochain, les Espagnols seront appelés aux urnes pour élire leurs députés. Ces élections font suite à l’échec des partis qui n’ont pas réussi à former une coalition après les élections du 20 décembre 2015. Le Parti Populaire (droite) obtenait 28,7% des voix, sans majorité absolue puisque les négociations avec les trois partis principaux Parti socialiste (PSOE) (22%), Podemos (gauche radicale 20,6%) et Ciudadanos (centre droit, 14%) n’avaient pas permis de trouver un accord.

Mariano Rajoy, à la tête du Parti Populaire sortant, est actuellement président intérimaire du gouvernement. Ce dernier, accusé de corruption, a difficilement pu rassembler les centristes à cause de son impopularité. Le parti de Pablo Iglesias, Podemos, avait interrogé ses militants sur la création d’une alliance avec les centristes et les socialistes : 88% avaient voté contre. Un blocage inédit pour un gouvernement traditionnellement mené par une alternance entre le PP et le PSOE.

Les partis s’accusant mutuellement d’être à l’origine de l’impasse, le Roi Felipe II avait décidé de trancher en organisant de nouvelles élections.  Cette fois-ci, Podemos a changé de stratégie. Le parti a décidé de s’allier avec les communistes d’Izquierida Unida (IU) pour créer une coalition électorale dénommée Unidos Podemos (« Ensemble, nous pouvons »).

Pourtant assimilé à la « vieille politique » et à la gauche traditionnelle, Podemos accepte de s’allier avec IU pour gagner des voix, alors qu’il s’y était opposé lors des législatives de décembre. Aujourd’hui, le parti se positionne comme la vraie gauche et ne joue plus sur la transversalité qui rassemble et l’avait rendu populaire, celle qui oppose le peuple aux élites. Le parti se veut donc plus affirmé et ne s’en cache pas, puisque son objectif est clairement d’arriver en tête du gouvernement, avec le slogan « Depuis quand avez-vous voté avec espoir ? ».

Cette stratégie électoraliste interroge certes les prochains résultats, mais elle est avant tout le signe d’une expression citoyenne. Au même titre que la Grèce, la montée de Podemos constitue un nouvel exemple de prise de conscience opposée aux politiques d’austérité imposées par la Commission européenne. Et qu’un pays comme la France ignorent les dynamiques sociales qui essaiment sur son territoire et sur le Vieux Continent témoigne d’une certaine irresponsabilité.

MG

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