Société

En mai, 26 femmes sont mortes sous les coups des hommes

Le site bianet.org, spécialisé sur les questions de droits de l’homme, a pris l’habitude de comptabiliser pour chaque mois le nombre de violences infligées aux femmes par les hommes en Turquie. Voici les chiffres du mois de mai.

Plus de 90 cas de violence contre les femmes (assassinats, tentatives d’assassinats, viols, harcèlements ou blessures) ont été signalés durant le mois de mai dans le pays. C’est ce que révèle le site d’information bianet qui a épluché les données tirées d’articles de journaux locaux et nationaux et des agences de presse.

Vingt-sept femmes dont une jeune fille, ont été tuées par des hommes. Dans la plupart des cas, les faits ont eu lieu dans le cadre domestique. La mise à mort est survenue pour 15 % d’entre-elles après une demande de divorce, un refus de réconciliation ou pour avoir décliné une demande de mariage. Près de 10 % de ces femmes ont été tuées malgré des mesures pour éloigner leurs conjoints tandis que 8% ont perdu la vie car elles n’avaient pas été prises au sérieux par la police. Le plus souvent, le mari est l’assassin. Mais on retrouve aussi parmi les auteurs de ces violences mortelles des ex-maris, des amants ou d’autres proches (beau-fils, frère, voisin, ami, etc).

En ce qui concerne les viols, bianet en a dénombré sept au cours du mois de mai. Dans 71% des cas, les violeurs étaient des connaissances des victimes : employeur, collègue, amant. Ces crimes ont été commis aussi bien à domicile que dans le contexte du travail : lieu de travail (2), maison (2), hôpital (1) et véhicule (1). A noter que le lieu où s’est produit un viol collectif n’a pas été identifié dans les articles recensés. A ce jour, seuls deux violeurs ont été arrêtés.

Dans sa comptabilisation des méfaits contre les femmes, le site évoque également le cas d’une femme ayant été forcée à se prostituer. Mais la série d’actes misogynes ne s’arrête pas là. Au cours du mois dernier, vingt-sept femmes ont en effet été battues. Pour 26% des cas, l’auteur des coups était le mari. Et dans les autres, il s’agissait de compagnons, d’ex-maris, de pères, d’ex-amants ou d’inconnus.

Une autre forme de violence s’est opérée également contre les femmes : le harcèlement. Une trentaine de femmes ont affirmé avoir été importunées de cette manière en mai. Pour 87% d’entre-elles, leurs harceleurs étaient des inconnus. D’autres femmes ont dénoncé le harcèlement effectué par leur époux, leur amant ou leur enseignant. Dans 26% des cas, elles ont subis des violences physiques. Le harcèlement était par ailleurs de diverses formes : violence verbale, exhibitionnisme ou menaces. La majorité des faits rapportés ont eu lieu dans la rue. Dans les autres cas, les femmes ont été confrontées à ce type d’actes chez elle, au salon de coiffure, à l’école et dans les transports en commun.

Enfin, la répartition des incidents selon les régions se présente ainsi : Marmara (34%), région Égéenne (8%), Méditerranée (14%), mer Noire (10%), Anatolie de l’Est (4%), Anatolie centrale (18%) Anatolie du Sud-Est (12%).

Khadija Ben Hayyan

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