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En Syrie, les habitants d’Alep redoutent la famine

Les 200 000 habitants de la ville contrôlée par les rebelles voient leurs conditions se dégrader depuis la fermeture de la route du Castello, leur dernier axe d’approvisionnement. Coupés du monde extérieur, la population d’Alep craint une famine.

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« Je ne sais pas ce qu’il adviendra de nous », déclarait lundi 18 juillet dernier Mohammed, père de quatre enfants habitant Alep-Est, principale zone concernée, à l’AFP. « Toutes les routes sont fermées et depuis des jours, on manque de pain, de nourriture, pratiquement de tout », avait-il ajouté. La dernière route d’approvisionnement de la zone, la route du Castello, a été coupée par les forces du régime de Bachar al-Assad le 7 juillet dernier. Depuis, des pénuries de nourriture et d’essence se font sentir dans Alep-Est, zone tenue par les rebelles. « J’ai des provisions pour à peine une semaine. Si tous les produits alimentaires viennent à manquer au marché, bientôt ça sera la famine. J’essaie de fuir la ville, mais il n’y a aucune route sûre » expliquait Mohammad Zaytoun, habitant d’un autre quartier rebelle d’Alep, à l’AFP.

Bien que la situation soit très préoccupante, l’ONU n’a pas encore officiellement défini Alep-Est comme assiégée, mais se dit « très inquiète de l’escalade de la violence » qui concerne des centaines de milliers d’individus. D’autant plus que le gouvernement n’a pas cessé ses frappes sur les zones tenues par les rebelles. « J’ai peur de l’avenir. Le régime ne se contentera pas d’assiéger les quartiers est mais les attaquera aussi » ajoutait Mohammed à l’AFP. Lundi 18 juillet, les frappes aériennes du régime de Bachar al-Assad ont donné la mort à au moins quatre civils dans un quartier rebelle. L’ONU estime que plus de 600 000 personnes habitent dans des régions assiégées, sans accès à la nourriture ni à une assistance médicale en Syrie. L’organisation a appelé « toutes les parties à autoriser la livraison de l’aide humanitaire » et à « l’évacuation des civils qui le désirent ».

D’après Ocha, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, il y a assez de vivres pour 145 000 personnes pendant un mois à Alep. Au delà, le risque de famine est très sévère, Alep-Est n’a reçu aucune aide depuis que la route du Castello a été coupée début juillet. « Il y a une aide vitale qu’il est urgent de livrer. », a déclaré l’Ocha.

C.T

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