Environnement, Société

En voie de disparition, les daims européens passent de 7 à 500 individus en Turquie

En Turquie, la station balnéaire d’Antalya a mis en place un projet pour augmenter la population de daims européens, « Alageyik » en turc, il y a plus d’un demi-siècle. Celle-ci n’avait que sept d’entre eux sur son territoire et a vu leur nombre s’accroître et atteindre les 500.

Les daims européens ont été classés espèce menacée par l’IUCN (Union internationale pour la sauvegarde de la nature).Étant éparpillés partout en Europe, ils sont désignés comme des « Préoccupations mineures ». Cependant, dans leur lieu d’origine, la Turquie, ils sont d’autant plus protégés que leur population est minime.

Un plan de protection a été mis en place en 1966 dans la station d’élevage Eşenadası Alageyik pour protéger les sept derniers daims de la région. Ce centre se trouvait alors dans la zone forestière de 29 hectares, Düzlerçamı. Comme le nombre de daims a drastiquement augmenté depuis ces 50 dernières années, la zone forestière protégée a été agrandie conjointement jusqu’à atteindre les 521 hectares. Aujourd’hui, les daims européens de Düzlerçamı comptent 500 individus.

Pour s’assurer de leur bon développement, certains d’entre eux ont été équipés de radiotracking. Les radiotracking sont des émetteurs satellites qui sont déposés sur les animaux afin de les observer. Cela permet d’établir des recherches ethnologiques sur l’espèce. Sont alors observés le mode de vie des animaux, leur reproduction, leur socialisation, leur comportement et la cause de leur mort.

Dans la station d’élevage, la nourriture est parfois également mise à leur disposition pour augmenter leur taux de survie. Il s’agit notamment de l’avoine et de la vesce.

L’année dernière, un responsable du ministère de l’Agriculture et des Forêts avait constaté que l’une des causes principales de leur surmortalité était l’apparition de bon nombre de chiens errants que le personnel de la municipalité collectait puis délaissait dans la région. Il avait déclaré que « Les chiens errants qui ont été jetés dans la région sont devenus sauvages et ont commencé à manger les bébés des daims ».

Enfin, l’un des derniers objectifs du plan de protection est de lutter contre le braconnage des daims. Abattre un daim dans son milieu naturel fait encourir une amende de 90 000 lires, soit environ 11 860 euros. Coût indéniablement conséquent pour les Turcs lorsque l’on sait que le SMIC était de 422 euros par mois en 2019.

Anaëlle Barthel

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