Culture

Entre réalité et fiction

Michel Houellebecq, célèbre écrivain depuis 1994 avec la parution de son roman Extension du Domaine de la Lutte, auteur du livre ‘Les Particules élémentaires’ et heureux gagnant du prix Goncourt en 2010, a sorti en début d’année son dernier livre : ‘Sérotonine’.

Comme moi, il est ingénieur agronome et raconte la vie quotidienne. Nous avons vécu tous les deux, à la même période, dans la rue des Guynemer, dans le 6e arrondissement de Paris, devant le jardin du Luxembourg. C’est peut-être du fait de ces points communs que je m’intéresse à lui. Bien entendu, nous sommes très différents. En ce qui me concerne, je ne consomme de l’alcool que rarement et je ne fume jamais ! Néanmoins, depuis une vingtaine d’années, c’est mon écrivain préféré.

Dans son dernier roman, Houellebecq « traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d’ingénieur agronome, son amitié pour une aristocrate agricole, l’échec des idéaux de leur jeunesse, l’espoir peut être insensé de retrouver une femme perdue. »

J’aime ce qu’il écrit et sa façon de traiter les problèmes de nos civilisations occidentales contrôlées par les multinationales, mais aussi de l’Europe dominée par les bureaucrates.

Comme à son habitude, il critique avec virulence et perspicacité la société modernisée que l’on retrouve en France et expose des problèmes déshumanisés. L’Homme qui ne supporte plus les problèmes des grandes villes ainsi que le mode de vie de cette civilisation essaye de s’extraire de ce monde par le biais de la drogue, de l’alcool, ou encore des médicaments.

Le système d’esclavage a bien changé. Il n’existe plus ce système de « propriété » au sens traditionnel du terme. Néanmoins, il existe une propriété « virtuelle » que l’on pourrait appeler « le système » et dont on est incapable de sortir. Selon les idéologies, ce système porte différents noms, mais je ne vais pas approfondir ce point davantage dans le cadre de cet article.

« Je n’allais pas bien du tout, en réalité ; je venais d’échouer dans ma seconde tentative de libération. »

Houellebecq expose tous les problèmes que l’on rencontre quotidiennement tels que l’ouverture et la fermeture d’un compte bancaire, mais surtout la dépendance, la violence, la solitude, sans oublier la lourde tristesse de ceux qui restent après l’écrasement au beau milieu de l’Atlantique sud du vol AF232 à destination de Rio de Janeiro.

« … c’est étonnant à quel point les hommes se laissent sombrer rapidement. »

Malgré la grande qualité de son écriture, qui réunit la réalité et la fiction, l’écrivain ne parvient pas à faire l’unanimité parmi les critiques littéraires.

Dr. Hüseyin Latif, directeur de publication

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