International, Politique

Etats-Unis : Donald Trump, la nouvelle coqueluche qui pourrait faire trembler le camp républicain

Cela fait maintenant plus d’un mois que Donald Trump a déclaré sa candidature à la primaire américaine, le 16 juin dernier. Il est depuis devenu une véritable attraction dans le camp républicain.

donald-trump-june-16-2015

Le célèbre milliardaire, d’abord considéré comme un candidat inoffensif et excentrique, surfe depuis peu sur une vague de popularité sans précédent. Les derniers sondages le créditent de près de 20% des intentions de vote pour les primaires. Un choc vu de l’étranger, tant le personnage suscite la controverse. Car le milliardaire, novice en politique, cultive une image sulfureuse. Avec son physique d’acteur de Dallas, il multiplie les sorties flinguantes, voire injurieuses, n’épargnant ni la veuve ni l’orphelin… d’Obama, accusé de mentir sur son pays de naissance, aux migrants mexicains, présentés comme des violeurs et trafiquants de drogue, les dérapages ne manquent pas. Ni les propositions saugrenues, comme celle de construire, sur les deniers mexicains, un mur infranchissable entre les Etats-Unis et le Mexique. Ou, il y a quelques années, une campagne pour prouver qu’Obama était né au Kenya.

Le magnat de l’immobilier, qui a fêté ses 69 ans printemps, a même fini par égratigner une figure du parti républicain, l’ex-candidat malheureux, John McCain. Selon Trump, celui-ci ne serait pas un héros de guerre puisqu’ayant été fait prisonnier durant la guerre du Vietnam.

A coup de punchlines, le bonhomme s’est forgé l’image d’un candidat atypique, qui ne peut laisser insensible. Il clame haut et fort qu’il n’aime pas les « losers », et se présente comme un businessman à succès qui va redonner du travail à ses compatriotes et relancer le rêve américain.

donaldtrumpMais le modèle a ses limites et Trump, quoique crédité d’une certaine popularité chez les électeurs américains, suscite aussi un fort dégoût. Il est perçu par bon nombre comme un clown, une bête de foire. Qui rencontre son public. Au premier rang, les médias américains, qui trouvent en lui un spectacle permanent, permettant de maintenir de l’audimat. Le Huffington Post l’a, lui, récemment rangé dans sa rubrique « divertissement » plutôt que « politique », provoquant l’ire du candidat, qui est aussi animateur de téléréalité à ses heures perdues.

Trump pose surtout problème pour le parti républicain et soulève une question plus profonde sur la vie politique américaine. Ainsi, pour le parti républicain, celui qui paraissait il y a encore peu inoffensif ressemble plus aujourd’hui à une patate chaude. Car s’il a peu de chances d’être élu, son pouvoir de nuisance est énorme, à force de tirer contre son propre camp.

Mais Trump révèle aussi un mal plus profond. Celui d’une scène politique américaine animée par les médias, dopée au spectacle et aux coups d’éclats, dans laquelle Trump happe aisément la lumière. Celui d’un camp républicain qui joue, de plus en plus, sur la peur des électeurs, avec des politiques multipliant les attaques outrancières envers l’administration Obama et, plus dangereux, des franges de la population. Les dérapages au sujet de l’immigration ou de la communauté mexicaine se sont ainsi multipliés. Un bon moyen de trouver un bouc émissaire à l’effritement de l’« American dream » mis à mal par la crise de 2008.

Donald Trump, qui reste un caillou dans la chaussure républicaine, n’en devient pas moins un prolongement logique de saillies politiques de plus en plus courantes. Et un clown politique dont toute la fascination et l’intérêt portent sur l’image qu’il renvoit, celle d’une dérive possible de la vie politique aux Etats-Unis.

Pierre Debly

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *