Economie, International

États-Unis et Union européenne : pas la même croissance

USA-EU 3Dans le contexte économique actuel, l’activité mondiale gagne progressivement en dynamisme. Toutefois, des divergences persistent entre les grandes zones économiques. Comparaison de la croissance aux États-Unis avec celle au sein des pays de l’UE, et analyse des spécificités et principales différences de chacune de ces deux grandes zones économiques.

Aux États-Unis, en 2014, les deux premiers trimestres ont été marqués par un fort dynamisme concernant l’activité économique. Néanmoins, la croissance du dernier trimestre a un tant soit peu déçu. Sur l’ensemble de l’année, la croissance américaine a augmenté de 2,6%. Les prévisions de croissance pour le premier trimestre 2015 sont de 3,2%. En effet, l’agence de presse Reuters a récemment mené une enquête à Washington auprès de 82 économistes : ils prédisent une hausse du PIB de 3,2% sur l’ensemble de l’année en cours.

Du côté de l’Union européenne, la croissance enregistrée au quatrième trimestre 2014 n’a été que de 0,2%. Sur l’ensemble de l’année précédente, l’activité a été de 0,8%. Le PIB, toujours en 2014, a augmenté de 0,2% au troisième trimestre. La croissance prévue par la Commission européenne pour le premier trimestre 2015 n’est que de 1,1%.

Conclusion : les chiffres révèlent un écart non négligeable qui dénoté une meilleure santé de l’économie des États-Unis. Toutefois, ces prévisions faites par la FED (la Réserve fédérale) et la Commission Européenne devront être confirmées au cours de cette année.

Une affaire de consommation ?

Aux États-Unis, la consommation représente 70% de l’activité économique globale. Les dépenses des Américains ont bondi de 4,3% grâce à une baisse du prix de l’essence qui a augmenté le pouvoir d’achat des ménages, mais aussi à la solidité caractérisant le marché de l’emploi. Ainsi, près de 3 millions de dollars ont été créés en 2014.

Dans la zone européenne, les marchés intérieurs des pays « se réveillent ». En Irlande, championne de la zone euro, les emplois ainsi que les salaires sont à la hausse, engendrant une augmentation du pouvoir d’achat du peuple irlandais, et, par conséquent, un accroissement du niveau de la consommation dans le pays. En Espagne, la courbe du chômage s’est inversée. La création d’emplois a redémarré en 2014. Quant à la Grèce, elle a également connu une hausse de la consommation intérieure. Enfin, d’après l’INSEE, la consommation des ménages français en biens est presque stable sur les trois derniers mois de 2014 (+0,1%).

La question des investissements

Aux États-Unis, le rythme des investissements s’est nettement ralenti. Pour 2014, après un bond de 8,9% au troisième trimestre, la croissance des investissements n’a été que de 1,9% au quatrième. Ainsi les importations ont-elles augmenté trois fois plus vite que les exportations sur cette période. Par ailleurs, le déficit commercial s’est creusé jusqu’à atteindre la somme de 471,5 milliards de dollars.

Du côté européen, les investissements reprennent quoique timidement. En Irlande, ils sont en hausse de 20%. Aussi, le pays est surtout réputé pour être une destination de choix pour les IDE, acronyme désignant les Investissements directs à l’étranger. Au Portugal, c’est l’investissement privé qui triomphe, avec un impact positif sur le secteur de l’emploi : à hauteur de 14,2% en 2014, le taux de chômage devrait s’abaisser à 13,4% en 2015. L’Allemagne, souvent présentée en bon élève de la zone euro, manque sérieusement d’investissements. Cependant, Christine Lagarde, patronne du FMI, le Fonds Monétaire International, incite Berlin à investir, notamment dans les transports, l’équivalent de 0,5 points de PIB supplémentaires par an et ce pendant quatre ans.

Focus sur les secteurs phares

Parmi les secteurs porteurs aux États-Unis, il y a, en première position, ceux appartenant au domaine des technologies de pointe, à savoir les technologies de l’information et de la communication, biotechnologies et/ou biomédical, aéronautique et/ou aérospatial. En deuxième position, c’est le secteur manufacturier qui est en vedette, avec notamment les machines-outils, ainsi que les instruments de mesure et de contrôle. Enfin, le secteur des biens de consommation complète le podium, le milieu de l’alimentation fine, les produits naturels, la décoration, et les arts de la table venant par la suite.

Sur le vieux continent, c’est l’export qui triomphe : particulièrement en Espagne et en Irlande dont les économies en dépendent fortement. D’ailleurs, l’un des atouts irlandais est l’implantation sur son sol de nombreuses multinationales. En Grèce également persiste une assez bonne performance des exportations, soutenue par les secteurs du tourisme, et du transport maritime. En France, actuellement, deux secteurs sont en plein boom : le marché de l’e-santé, aussi appelé le marché de la santé mobile et le secteur du « fait maison ».

Globalement, d’après la Commission européenne, quelles que soient les forces et faiblesses des États membres de l’Union, deux facteurs externes devraient, à l’aube de cette nouvelle année, largement soutenir la croissance de toute la zone : la baisse des prix du pétrole afin de booster la consommation, et la dévaluation de l’euro en tant que devise, ce qui représente un stimulant pour les exportations.

Sara Ben Lahbib

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