International, Politique

États-Unis : M. Obama gracie à la surprise générale Chelsea Manning

Trois jours avant de céder son siège présidentiel, Barack Obama a décidé de gracier l’ancienne militaire Chelsea Manning. Cette grâce a suscité de nombreuses réactions. Sans titre

Chelsea Manning alias Bradley Edward Manning

Source: Mundo Ejutivo

C’est à quelques heures de la passation de pouvoir que Chelsea Manning apprend sa proche libération. Cette ex-militaire transgenre a beaucoup fait parler d’elle outre-Atlantique.

Une personnalité atypique

Bradley Edward Manning est un ex-militaire américano-britannique. Il a servi les intérêts militaires des États-Unis pendant plusieurs années, en tant que soldat. Cet homme de 29 ans a connu une enfance difficile, notamment en ce qui concerne son orientation sexuelle. Il subit dans le même temps une instabilité familiale et un déménagement au Pays de Galles quelques années avant de revenir aux États-Unis.

« Homme » dans l’armée américaine, il annonce, lors de sa suspension, qu’il est transgenre et qu’il suit un traitement hormonal. Il se fait appeler par l’État civil Chelsea, mais n’est pas reconnu comme « femme ».

Il est incarcéré pour « trahison » pour avoir donné des documents confidentiels à Wikileaks en 2010. Quelque 700 000 documents sont transmis à ce lanceur d’alertes, au sujet de plusieurs bavures de l’armée américaine lors de sa présence en Irak et en Afghanistan.

L’ombre de WikiLeaks

La première vidéo est publiée par Wikileaks en 2010. Petit à petit, d’autres documents fuitent et se retrouvent sur la toile. Ces documents datent, pour la plupart, de 2004 et de 2007. L’apparition de ses documents accable la Maison-Blanche. Tortures ou bavures militaires, l’armée américaine se retrouve une nouvelle fois mise à mal par ses accusations. De plus, les soutiens de Chelsea Manning se multiplient. Des personnalités politiques, des ONG (comme Freedom of the Press Fundation) ou Julian Assange félicitent l’ex-militaire pour son courage.

À la différence d’autres lanceurs d’alertes, il ne s’exilera pas à l’étranger. Il sera condamné à 35 ans de prison.

Une grâce controversée

L’institution militaire aux États-Unis est sacrée. Le tribunal militaire a émis une sentence que personne ne pourrait critiquer. C’est dans ce contexte que Barack Obama, quelques jours avant de quitter la Maison-Blanche, a décidé de gracier cet ex-militaire. Le processus est légal, car l’article II de la Constitution des États-Unis autorise un président à gracier un citoyen américain. Dans un premier temps, il a seulement réduit sa peine, passant de 35 ans à 7 ans. Chelsea Manning sera définitivement libre en mai 2017.

Certains se questionnent sur la raison de ce geste, juste avant le départ de Barack Obama. Deux possibilités sont envisagées. La première est de recentrer ce débat public sur le statut des lanceurs d’alertes (affaires Assange et Snowden) et d’obliger Donald Trump à se positionner clairement sur ce problème. La deuxième possibilité est le futur judiciaire de Julian Assange. Quelques années auparavant, il avait promis de revenir aux États-Unis si Chelsea Manning était graciée. Chose faite, extradé par l’ambassade d’Équateur à Londres, M. Assange est maintenant devant ses responsabilités.

Cette décision est saluée par les soutiens de Chelsea Manning, mais M. Obama a également attiré la foudre du Parti républicain. Le sénateur John Mac Cain a dénoncé « une grave erreur » qui risque « d’affaiblir la discipline militaire ».

Paul CHARLES

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *