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Les expatriés turcs se rendent aux urnes

Jeudi 7 juin, plus de trois millions de citoyens turcs vivant à l’étranger sont appelés aux urnes pour les élections législatives et présidentielles anticipées.

Crédit photo : Hürriyet Daily News

Le 18 avril, les élections générales ont été convoquées de manière anticipée, un an et demi avant l’échéance normale, à la suite d’une proposition commune du Parti de la justice et du développement (AKP) et du Parti du mouvement nationaliste (MHP) qui fut validée par le parlement le 20 avril dernier.

Plus de trois millions d’expatriés turcs commenceront à voter dès demain pour les élections du 24 juin. Selon le calendrier électoral, le vote se terminera le 19 juin pour les expatriés turcs. L’Agence Anadolu rapporte que les bureaux de vote seront ouverts entre 9 heures à 21 heures, heure locale, les jours de la semaine et les week-ends dans les missions étrangères.

Au total, 3 049 065 expatriés sont inscrits sur les listes électorales. Ils voteront au sein de 123 missions réparties dans 60 pays.

Par ailleurs, l’Agence Anadolu explique que les sacs contenant les bulletins des expatriés seront amenés en Turquie par des avions de Turkish Airlines et seront conservés dans une salle des congrès, à Ankara, jusqu’au 24 juin.

Les premiers à se rendre aux urnes seront les Turcs vivant en Australie en raison du décalage horaire. En France, comme en Allemagne et en Autriche, les Turcs pourront voter du 7 au 19 juin, tandis qu’en Belgique, aux Pays-Bas ainsi qu’en Suisse, les élections se dérouleront du 16 au 19 juin. Par ailleurs, les électeurs turcs pourront également voter aux postes douaniers entre le 7 et le 24 juin.

Dans le cadre des présidentielles, les électeurs turcs devront donner leur voix à l’un des six candidats qui se présentent, à savoir : l’actuel président Recep Tayyip Erdoğan (AKP, Parti de la justice et du développement), Meral Akşener (İyi Parti, le Bon Parti), Muharrem İnce (CHP, Parti républicain du peuple), Selahattin Demirtaş (HDP, Parti démocratique des peuples), Temel Karamollaoğlu (SP, Parti de la félicité) et Doğu Perinçek (VP, Parti Vatan).

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue de plus de 50% des voix au premier tour, un second tour aura lieu le 8 juillet en Turquie et du 30 juin au 4 juillet à l’étranger. S’affronteront alors les deux candidats arrivés en tête au premier tour. Le président de la République sera élu pour un mandat de cinq ans.

En outre, huit partis politiques participent aux élections législatives. Sous la bannière de l’ « Alliance du Peuple », l’on retrouve l’AKP, le MHP ainsi que le Parti de la grande unité (BBP). En face, le CHP, le İyi Parti, Saadet, et le Demokrat Parti ont formé l’ « Alliance de la Nation ». Enfin, le HDP est aussi en lice pour les législatives, mais n’a formé aucun accord de coalition.

Les enjeux de cette élection sont cruciaux dans la mesure où elle marquera le passage à un régime présidentiel en Turquie, faisant suite au référendum du 16 avril 2017 sur les amendements de la Constitution.

Camille Saulas

 

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