International, Politique

Explosion d’un gazoduc entre la Turquie et l’Iran

Une explosion a eu lieu cette nuit au niveau d’un gazoduc reliant la Turquie et l’Iran dans la région d’Ağrı, a annoncé le ministre turc de l’Energie Taner Yıldız.

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« L’explosion a provoqué un incendie. (…) L’acheminement de gaz pourra reprendre aussitôt que le gazoduc sera réparé » a dit le ministre.

Personne n’a encore revendiqué quelque implication que ce soit dans cette explosion bien que le gouvernement fasse peser les soupçons sur le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation terroriste par Ankara, les Etats-Unis et l’Union européenne, et avec lequel les relations se sont détériorées depuis l’attentat de Suruç. Le Premier ministre Ahmet Davutoğlu a même prévenu, à la suite de ce nouvel incident, que les forces militaires du pays combattraient le PKK jusqu’à l’épuisement du parti.

Quoi qu’il en soit, cette explosion de gazoduc ne devrait donner lieu à aucune pénurie. « Toutes les précautions ont été prises pour que la demande en gaz naturel soit satisfaite » a rassuré le ministre de l’Energie.

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Des attaques kurdes à répétition?

Depuis l’attentat de Suruç lundi dernier, les troubles ont en effet été nombreux. Pour certains, le gouvernement serait même « entré en guerre » contre le PKK, rendant caduque le cessez-le feu décrété en 2013 entre la Turquie et le Parti des travailleurs du Kurdistan.

Tout a commencé mercredi dernier, soit deux jours après l’attentat de Suruç, lorsque le PKK a revendiqué l’assassinat de deux policiers pour « collaboration avec le groupe Etat islamique » dans la ville de Ceylanpinar, à la frontière avec la Syrie. Parmi les victimes de Suruç, attribué à l’EI, nombreux étaient en effet les militants kurdes.

Face à cette violence, la Turquie a réagi : dans la nuit de vendredi à samedi, l’armée de l’air a bombardé une base militaire du PKK dans les monts Kandil, au nord de l’Irak. Selon le PKK, cette attaque aurait fait un mort et trois blessés.

En guise de riposte, les activistes du PKK multiplient depuis ce week-end les attentats et opérations de sabotage tandis que le gouvernement intensifie la répression des manifestations et organise des arrestations de masse, dans le but de coincer les acteurs du mouvement kurde. Dimanche, ce sont deux militaires turcs qui ont été victimes d’un attentat à la voiture piégée dans la région de Diyarbakır : attentat de nouveau reconnu par le PKK. Puis de nouveau dans la soirée d’hier, lundi, un officier de la gendarmerie a été abattu par des hommes armés dans la région de Muş – région de l’est de la Turquie où la communauté kurde est particulièrement présente – sans que l’attaque ne soit encore revendiquée.

Noémie Allart

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